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 [Fiction] Équilibre


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Membre Noir
SimiaK 
Membre Noir 

Messages : 2947
Age : 16

MessageSujet: Re: [Fiction] Équilibre - Lun 5 Oct - 22:44

Tu l'as dit Loup', mais on ne juges pas le Talent d'une fic au nombre de commentairs qu'elle recoit.
Justement, c'est qu"il n'y a rien a redire, et a ce stade les qualités on deja toutes été cités ~

En tout cas j'espere que Ranyel a conscience que sa fic est loin d'être ininteressante, tres loin de là ! (♥)

_____________________________________________

Tout est relatif sauf ce qui ne l'est pas

Je ne jures que par trois choses.
La Folie                                                          La Dépression


et la manière incroyable qu'on a de pouvoir se foutre de ce qui ne nous intéresse pas


 
Membre Blanc
Mar1162 
Membre Blanc 

Messages : 1586
Age : 21

MessageSujet: Re: [Fiction] Équilibre - Mar 6 Oct - 0:09

Ranyel je t'ai mis un négapi par accident je vais te mettre un posipi a un autre endroit
Edit sinon j'aime beaucoup ta fic
Edit2:c'est fait je t'ai donné un posipi

_____________________________________________


Merci a Viktyny pour la carte et a célia2312 pour l'image de dimoret et le type
le Mammochon des fête par Branette123 Merci a elle  
insulte en me traitant de noob et il rage quitte parce que je gagne  
pire pokémon du seasonal
lC vs le reste du monde
Membre Saphir
Ranyel 
Membre Saphir 

Messages : 290
Age : 21

MessageSujet: Re: [Fiction] Équilibre - Jeu 22 Oct - 23:16

Bon, ça faisait un bout de temps que j'avais pas posté de chapitre moi... du coup, comme en plus c'est le chapitre pivot de l'acte, il est beaucoup plus gros que les autres (à peu près deux fois plus). Il était aussi assez chaud à écrire, je ne vous le cache pas. Enfin, bonne lecture !

Ps : La fiction vient de dépasser les 100 pages sur mon fichier texte \o/



Chapitre 19


Julie

Les amis de William n'avait finalement pas mis longtemps avant de retrouver des informations  sur l'homme que nous cherchions. L'ennui, c'est qu'il était mort. Un voisin avait été témoin d'un accident aux conditions étranges, qui s'était soldé par l'embarcation en civière du scientifique et sa femme, tous deux enveloppés dans des sacs mortuaires. Ces morts n'avaient pas été rendues publiques et la seule trace de cet événement malheureux présente sur le net existait sous la forme d'un témoignage inquiété dudit voisin de ce qui avait bien pu se passer dans la demeure de monsieur Guéranel. Bien que ça ne soit pas vraiment fiable, c'était la seule piste qu'il nous restait : il nous restait donc plus qu'à vérifier si c'était vrai en se rendant à l'adresse que nous avait communiqué notre ami.

Cynthia ayant pas mal de choses à faire, elle nous avait annoncé qu'elle nous quitterait aujourd'hui, nous laissant alors avec le père de Déborah. Nous avions discuté de l'acceptation de celui-ci dans le groupe la veille, et avions finalement conclu qu'il nous accompagnerait, ce qui parût ne pas plaire à notre amie aux cheveux rouges. Je m'étais douté en voyant son comportement l'autre jour qu'elle ne s'était pas réconciliée avec celui-ci, mais j'espérais que le voyage allait permettre cet événement. Enfin, elle devait sûrement penser à autre chose pour l'instant : elle nous avait demandé de venir dans ce coin reculé de l'île, afin de défier l'ancienne championne de la ligue de Sinnoh, alors que le soleil était en train de se lever sur la mer. Se tenant devant ses pokémons, Déborah s'adressa à cette dernière :

-J'ai discuté avec mes pokémons et nous voulons t'affronter, dans un match à 3 contre 3. Cela fait bien longtemps que nous n'avons pas perdu et nous voulons à nouveau nous frotter à un adversaire coriace.

Le père de la sportive haussa les sourcils et fit une sorte de moue désapprobatrice, alors que Cynthia parut presque étonnée par cette demande. Elle sourit, avant de répondre :

-Si tel est ton désir. Mais je te préviens : nous vous ménagerons pas.

-C'est exactement ce que je veux.

-Parfait. Adrien, peux-tu arbitrer le match ?




Le grand homme hocha de la tête, avant de demander aux dresseuses d'envoyer leurs premiers pokémons, qui furent le lockpin pour l'une et un lucario pour l'autre. Au top, ils se jetèrent l'un sur l'autre : cependant, Alban esquiva le poing de son adversaire avant de le faire tomber à terre avant de le narguer. Par la suite, il se contenta d'esquiver le plus d'attaques possibles avant de se servir de la force de son adversaire pour l'affaiblir. Il se servait bien de son principal atout, son agilité. Peu de temps, après, il finit par assommer son adversaire pour de bon, qui fut rappelé par Cynthia. Alban, quant à lui, s'en était très bien tiré en paraissant à peine fatigué et recevait les félicitations de Déborah, qui n'avait donné que très peu d'ordres contrairement à son opposante.

L'archéologue envoya alors un spiritomb. Ce dernier, tourbillonnait comme la fois où je l'avais vu, et fixait le lockpin d'un air étrange. Quand M.Stein annonça la reprise de l'affrontement, l'étrange pokémon émit une petite flamme qui atterrit sur Alban, qui n’avait pas pris la peine de faire attention : cela eut pour conséquence de le faire paniquer. Il essayai de frapper son adversaire, mais n'y parvint pas, avant de finalement s'écrouler après plusieurs émissions d'ondes obscures du spiritomb, qui n'avait pas bougé de tout le combat, la faute à se sa prison de pierre qui le retenait.

Déborah afficha une expression plus que contrariée devant ce pokémon : elle devait certainement se demander comment elle pouvait s'en débarrasser. Malgré le fait qu'elle était notre amie depuis longtemps, elle n'avait jamais combattu de spectre de sa vie, puisque mes pokémons et moi avions toujours refusé ses invitations au combat : contrairement à elle ou à mon frère, nous n'aimions pas nous battre pour le plaisir.

Finalement, elle envoya son deuxième combattant, qui était Élude. Le martiali, conscient de la façon dont Alban s'était fait battre, esquiva sans problèmes les petites flammes violettes que lui envoyait son opposant, mais ne fit pas grand chose d'autre : les quelques fois où elle chargeait le spiritomb, elle ne faisait que le traverser et ressortait un peu plus engourdie à chaque fois. Elle en devint presque paniquée, à l'instar de sa dresseuse qui commençait à lancer des ordres de plus en plus contradictoires, avant de finalement se reprendre.

-Attaque le avec plus de hargne ! Tu dois pas te retenir, c'est compris ? La prochaine fois il te foutra à terre !

Bien que cet ordre pouvait être considéré comme abusif en combat, je comprenais toutefois pourquoi elle lui avait dit ça : il était connu qu'il existait quelques moyens de toucher un spectre, et l'abandon de toute retenue et pitié dans ses coups en faisait partie. Je n'avais jamais étudié ceci en détail cela dit, mais je savais néanmoins que c'était une des raisons pour lesquelles les pokémons classés comme étant du type Ténèbres avaient l'ascendant sur les spectre.

Après un court instant où Élude regardai Déborah comme si elle attendait que celle-ci rectifie son ordre, elle fonça alors vers son opposant à une vitesse fulgurante, esquivant toutes ses balles spectrales, avant de finalement lui bondir dessus, mais sans le traverser cette fois. Les crocs plantés dans l'espace de fluide gazeux et tourbillonnant qui constituait le spiritomb, elle ne lâchait pas prise alors que celui-ci s'agitait dans tous les sens pour essayer de s'en débarrasser. Cependant, il finit par se reprendre, et émit plusieurs autres balles spectrales contre le martiali qui était désormais collé à lui. Bien évidemment, il les prit toutes de plein fouet et fut envoyé en l'air assez rapidement, retombant aux pieds de Déborah.

-Putain de merde !

Le juron de mon amie aux cheveux rouges ne passa pas inaperçu et fit hausser un sourcil à l'ex-championne de Sinnoh. Une fois le martiali rappelé dans sa pokéball, Akaï s'avança finalement.

Contrairement aux deux autres, Déborah s'abstint de donner des ordres au braségali, qui se contenta de vomir un torrent de flammes sur le spiritomb, bondissant de temps à autre pour esquiver ses attaques. Au bout d'un moment, le spectre tourbillonnant finit par se réfugier dans sa pierre, preuve que le combat était bel et bien fini pour lui. Akaï, les poignets enflammés, dévisageait presque la femme blonde qui se tenait en face de lui.

-Bien joué ! Voyons voir ce que tu peux faire face à mon dernier pokémon.

Une fois sa pokéball ouverte après lancer, un être de même taille que le braségali en sortit. C'était un carchacrok, le pokémon réputé comme étant le compagnon le plus fidèle de Cynthia. Impressionnant, la première chose qu'il fit fût d'écarter ses membres avant d'un coup sec tout en poussant un long hurlement plutôt intimidant, mais pas assez au goût du braségali, ce qui était en soit une assez bonne chose.

Au top, le dragon fonça droit sur le braségali, qui l'esquiva de peu et entreprit de l'attaquer dans son dos. Néanmoins, le carchacrok s'était déjà retourné et balaya le pokémon ardent d'un revers de patte. Par la suite, ils s'échangèrent plusieurs coups mais il semblait déjà évident que Akaï prenait beaucoup moins bien les attaques que son adversaire. Finalement, le braségali finit par prendre du recul et fit un mouvement qui me paraissait très risqué : un coup de pied sauté. Dans un hurlement intense et terrifiant, le carchacrok élança tout son corps contre lui, tel un avion et il en résulta une collision d'une violence incroyable. Le dragon finit alors par s'arrêter et hurla de nouveau, alors que Akaï gisait quelques mètres plus loin, balayé par la charge de son opposant.



Déborah courut auprès de lui sans même prêter attention à Cynthia, nous, ou même le carchacrok. Elle semblait vérifier si Akaï allait bien, et le fit rentrer dans sa pokéball.

-Bien, on dirait que j'ai gagné. Je ne suis pas sûre que tes pokémons soient assez forts pour pouvoir t'aider en tant que championne, il faudra qu'ils progressent, enfin le braségali était vraiment bon. Mais surtout, pourquoi tu ne lui as pas donné d'ordres ?

Déborah, l'expression un peu neutre mais qu'on pouvait également qualifier de blasée, répondit d'une voix calme :

-Il sait déjà se battre. Il sait même combattre mieux que moi : comment est-ce que je pourrais le guider lors d'un affrontement ?

Cynthia semblait étonnée.

-Les pokémons sont puissants et ont besoin d'être guidés. Si tu veux devenir une dresseuse de talent, tu ne devrais pas inverser les rôles de la sorte...

Cette réflexion n'eut pas l'air de plaire aux pokémons du groupe, mais aussi à Lucas et Déborah elle-même. Le carchacrok n'eut pour sa part aucune réaction : il avait même l'air de ne pas être intéressé du tout par la discussion présente.

-Effectivement, je ne suis pas une dresseuse à proprement parler. Je ne fais pas combattre mes pokémons. Ils se battent avec moi, et non pour moi, et si c'est cela qui nous empêchera de devenir plus forts, qu'il en soit ainsi. Pour rien au monde je ne les considérerais comme inférieurs.

-Ce n'est pas ce que je voulais dire...


Un silence de courte durée se produisit, avant que le carchacrok ne fut finalement rappelé par sa dresseuse.

-Écoute, je ne dénigre pas le lien que tu as avec tes pokémons, fais comme tu le souhaites. Il faudra cependant te rendre à l'évidence que tu ne pourras pas toujours combattre avec eux : ce sont des êtres bien plus puissants que nous... Enfin bon, je  vais finir par être en retard, nous reparlerons de ça plus tard. Bonne chance pour la suite de vos recherches, et soyez prudents !

Comme lorsque nous nous étions vus à Bonville, elle s'envola à dos de guériaigle en nous saluant. Déborah scrutait le ciel en tenant la pokéball d'Akaï dans sa main droite, avant de tourner les talons.




Akaï

Nous venions de quitter la voiture, laissant Alicène, qui ne voulait pas nous accompagner, avec Néval qui lui avait décidé de rester avec elle. Marchant (ou lévitant, pour certains d'entre nous) aux cotés de nos amis humains, nous nous dirigions  vers la maison de ce fameux scientifique dans le silence, sur un sentier peu entretenu bordé d'arbres aux feuillages épais et verdoyants. Hélas, le temps plutôt agréable ne pouvait me faire oublier la défaite que j'avais essuyé ce matin, face aux pokémons de Cynthia. Je ne perdais pas souvent mes combats, mais c'était tout de même la deuxième fois que je faisais défaut à mon amie. J'espérais au moins que si par malheur la vision de cette jeune fille s'avérait être réelle, je saurais protéger Déborah de la créature d'horreur qui y était présente.

C'était la raison pour laquelle Alicène n'avait d'ailleurs pas voulu nous suivre : elle nous avait dit qu'elle se sentait déjà pas très à l'aise à cette distance et que s'en approcher ne ferait qu'aggraver ce mal ; pourtant, elle nous avait également assuré qu'il n'y aurait sans doute pas de danger : selon elle, l'aspect morbide de sa vision n'était sans doute du qu'à son imagination et ne devait pas être pris en compte. Toujours était-il qu'une fois arrivés à la fameuse demeure, abattue par le temps, nous ne savions plus quoi faire. Elle était semblable à la description qu'Alicène nous avait donnée, ainsi qu'inoccupée, comme les deux autres habitations aux alentours. Située en marge de Lavandia, cette zone était désormais désertée du peu de gens qui y vivaient autrefois. Semblant perdre sa patience, Julie prit la parole.

-Bon, on ne va pas rester planter là. Cette maison est inoccupée depuis longtemps, et nous n'allons rien voler dedans, juste voir si on peut y trouver des informations intéressantes.

Cette déclaration, aussi franche que brute, fit hausser un sourcil à Lucas et lever la tête de M.Stein, qui afficha une mine renfrognée.

-Attendez, vous n'allez tout de même pas rentrer par effraction...

La femme aux cheveux châtains lui répondit avant même que Déborah n'ait eu le temps de le faire.

-Monsieur Stein, ce que nous allons faire, bien que ce soit puni par la loi, ne va techniquement nuire à personne. Les habitants de cette demeure sont morts, et il clair qu'elle n'appartient plus à personne vu son état. Nous avons besoin de n'importe quelle information que l'ont peut trouver, donc prenez ça comme un mal pour un bien.

-Vous êtes sûr que...

-S'il te plait, Papa.


L'expression légèrement exaspérée de l'humaine aux cheveux rouges fit tout de suite taire le grand homme. J'avais trouvé ça plutôt étonnant de sa part qu'elle ne s'énerve pas de suite, mais il semblerait qu'ils aient finalement pris le temps de discuter récemment : à défaut de bien s'entendre avec son père, elle pouvait au moins supporter sa présence.

Une fois que le gardevoir eu fini de déverrouiller la porte d'entrée grâce à ses pouvoir psychiques, tous rentrèrent à l'intérieur à l'exception de M.Stein, Yinvarn et moi, à qui Déborah avait demandé de ne pas entrer car ils étaient déjà assez nombreux. Ne sachant pas quoi faire, l'homme se mit à regarder la maison en détail, mais aussi la flore environnante. N'ayant pas spécialement de sympathie pour lui étant donné la manière dont il s'était comporté avec mon amie, mais surtout car je ne pouvais pas lui parler dans sa langue, j'entrepris de parler de tout et de rien avec le cizayox.




Lucas



Nous nous étions finalement répartis un par pièce tant cette demeure était grande, et les recherches n'étaient pas vraiment des plus agréables : il y avait une quantité de poussière si grande qu'elle pourrait certainement tuer n'importe quel asthmatique en un rien de temps, et il fallait ouvrir les vieux volets pour avoir ne serait-ce qu'un peu de lumière, chose pas toujours facile surtout si les volets en question se décrochaient du mur. J'étais seul au deuxième étage accompagné de Nouche, et nous venions de fouiller deux des trois seules pièces que l'on pouvait y trouver : une pièce de rangement et un bureau bien rempli, mais exempt de toute information utile : le peu de documents relatifs à ses recherches avaient été rédigés bien avant le début de ses investigations sur le recensement des spectres. La dernière pièce était une chambre d'enfant : elle comportait quelques jouets, des cahiers par-ci et par-là mais surtout beaucoup de romans d'aventure et de livres documentaires. Je fus assez étonné d'apprendre que ce couple avait un enfant : rien dans ce que William ne nous avait dit semblait l'indiquer. Étant donné que les affaires de cet enfant étaient toujours ici, j'en conclus qu'il n'avait hélas pas échappé à ce qui avait emporté ses parents.

-C'est curieux, il n'y a pas de photo...

-Ah oui, les cadres sont vides. Peut-être que des membres de la familles sont venus les récupérer ? Bon, je pense pas qu'on trouvera quelque chose d'intéressant ici, allons rejoin... euh, Nouche ?


Le mentali s'était mis à tituber avait de secouer sa tête dans tous les sens. Au moment où je me penchais pour le voir de plus près, j'entendis un bruit sourd dans mon dos.

-Hé, ça va ?

Nouche était à présent en train de trembler et avait les yeux fermés, comme si elle avait très froid. Ses messages télépathiques, quant à eux, étaient moins perceptibles qu'à l'accoutumée.

-Euh.... Je n'arrive p-pas... aaah... à me concentrer...

Elle rouvrit alors les paupières avant de se remettre à "parler" normalement.

-Je ne sais pas ce qu'il s'est passé... J'ai eu un mal de tête soudain... Mais c'est passé, apparemment.

-Allons rejoindre les autres. J'ai entendu un bruit à côté, quelqu'un a dû monter à l'étage.


Une fois dans le couloir, nous vîmes que la porte du bureau était ouverte, alors que nous l'avions fermée. Chose plus étrange encore, la fenêtre l'était également, créant ainsi un courant d'air avec une autre fenêtre de la maison. Mais autre chose attira mon attention : un petit carnet qui semblait être tombé de l'étagère située sur la gauche de la porte. Il ne portait aucune inscription sur sa couverture en cuir marron, et ne me disait rien alors que j'étais sûr que nous avions tout passé en revue dans cette pièce.

Après avoir feuilleté quelques pages, je me rendis compte qu'il s'agissait d'une sorte de journal intime, voire un journal de bord...  ou d'un brouillon d'autobiographie. La personne qui l'écrivait, que j'assumais comme étant David Guéranel, parlait de l'avancée de ses dernières recherches sans trop donner de détails. De ce que je pouvais comprendre en lisant les dernières pages, cela faisait déjà un moment qu'il avait quitté Sylphe à l'heure où ils avait écrit sur celles-ci.

Après m'être assuré que Nouche allait bien, je rejoignis les autres dans le jardin tout en continuant à lire le carnet. Au premier étage, je tombai sur Alban et Sophiane, qui évoqua un mal de tête similaire à celui que venait de subir Nouche. Un peu hébétés, nous fîmes le choix de ne plus nous préoccuper de ça puisque nous n'avions pas la moindre idée de ce par quoi cela pouvait être causé, et que ce problème s'était résolu de lui-même en quelques instants. Arrivés dans le jardin, je vis que tous les autres étaient là. Ils entouraient Alicène : Julie semblait étonnée et lui demanda pourquoi son amie était finalement venue nous rejoindre.

-Je, euh... je m'ennuyais, donc finalement, je... je suis v-venue, je n'avais plus mal au ventre...

Elle n'avait pas l'air dans son assiette, mais on ne pouvait pas vraiment dire que c'était inhabituel chez elle. Déborah rit un moment avant de la taquiner.

-En tout cas tu t'es perdue pour arriver jusqu'ici, t'es arrivée de derrière la maison hahaha ! Hey, t'as trouvé quelque chose d'intéressant, Lucas ?

Pendant que je leur expliquais comment j'avais trouvé ce livre, Néval sortait d'Alicène alors que Julie fronçait les sourcils en voyant cela, avant de se tourner vers moi en levant les yeux au ciel.

-Je pense que je vais garder ce livre, il peut contenir des infos intéressantes. C'est une sorte de journal intime... Et vous, vous avez des infos ?

Ma sœur haussa les épaules.

-Rien d'intéressant, à part qu'il adorait la spéléologie, et qu'il a exploré genre toutes les cavernes de la route 111... Je t'assure, ses albums photos sont remplis de ça...



Un instant de silence s'en suivit, durant lequel le regard du père de Déborah pesait sur nous, nous jugeant sans rien dire de l'acte illégal que nous venions de commettre. En rentrant vers la voiture, toujours dans le silence, je profitai de la lumière du coucher de soleil pour lire la dernière page remplie du carnet.

"L'heure est arrivée, mes recherches sont finalement arrivées à leur terme : il est temps de révéler au monde ma théorie, que j'ai trouvé seul et par mes propres moyens, sans même l'aide de Sylphe. Je serais enfin reconnu comme un véritable scientifique !

N'étant pas imprudent, j'ai, par précaution, laissé le fruit de mon travail dans un endroit où mes rivaux ne le trouveront pas, du moins pas tant que j'aurais pas déclaré cette découverte auprès de l'Institut National des Sciences du Pokémon. Après cela, elle sera protégée et on ne pourra plus contester le fait que je sois à l'origine de celle-ci !

Et même s'ils parvenaient à la dénicher, je n'aurai qu'à demander à mon serviteur de se charger de ces voleurs.

Quoi qu'il en soit, je vais m'empresser d'annoncer la nouvelle à ma famille ce soir, lors du repas. Il est d'ailleurs prêt !"


La date de cette page correspondait à la veille du jour où on avait vu des ambulances emmener des cadavres depuis cette demeure... Cette découverte n'a donc jamais été rendue publique, et donc, le "fruit de son travail" dormirait quelque part, et pas chez Sylphe quand je vois avec quelle aigreur il parle d'eux.  La seule chose sur laquelle je butais vraiment, c'était ce fameux "serviteur"... Parlait-il d'un majordome ?

Ayant fait remarquer cette page à ma soeur, nous entrâmes dans une discussion assez agitée pour tenter de déterminer où est-ce qu'il aurait pu cacher une telle chose. Finalement, elle sembla avoir une révélation :



-Ses albums photos les plus récents ne comportaient que des photos de la route 111 et étaient archi-bondés, comme s'il y allait tout le temps !  À mon avis, s'il y a un endroit où faut aller, c'est là-bas !

Elle avait raison. Cependant, comme le faisait remarquer Déborah...

-Mais, enfin, on peut pas être sûrs ! Et puis, la route 111 est l'une des plus grandes de la région !

-Je... je p-pourrais peut-être aider... J'ai b-bien réussi à trouver Julie, alors...


La voix timide d'Alicène s'était fait entendre pour la première fois depuis que nous avions quitté la demeure Guéranel. Cette déclaration fit apparaître un large sourire sur le visage de ma sœur, qui prit son amie dans les bras : cette dernière avait l'air un peu confuse par cette action soudaine.

-Mais oui ! Si tu nous as guidés jusqu'ici, alors tu pourras bien nous aider par la suite ! Je suis convaincue qu'en allant là-bas nous parviendrons à trouver ce que nous cherchons !

Techniquement, elle ne nous avait pas guidé jusqu'ici : c'était plutôt les amis de William qui l'avaient fait. Mais il demeurait vrai que la maison telle qu'elle l'avait décrite était bel et bien celle que nous venions de visiter, bien que moins macabre. Me mettant à sourire à mon tour, je fis entendre mon avis sur le sujet :

-De toute manière, nous n'avons pas tellement d'autre piste, et puis on pourra certainement en apprendre plus en lisant ce carnet. En tout cas, je suis partant.

Déborah affichait, quant à elle, un air plutôt sceptique avant d'afficher un sourire dont la sincérité pouvait certainement être remise en question : la connaissant, elle ne voulait certainement pas jouer les rabat-joie. Quant à son père, il semblait déjà désespéré de nous voir partir dans une telle aventure avec autant d'insouciance. Nous étions pourtant emballés à cette idée, et même Alicène avait finalement adopté une expression de joie et ne dissimulait pas son excitation pour cette quête prochaine, qui était telle à une grande chasse au trésor dont les enjeux étaient si importants qu'il nous échappaient peut-être.

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Dernière édition par Ranyel le Mar 27 Oct - 0:42, édité 1 fois
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Marianna 
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MessageSujet: Re: [Fiction] Équilibre - Ven 23 Oct - 19:09

Très beau chapitre, j'ai un peu de mal à juger de si longs textes mais j'aime bien l'histoire, continue :-)

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Me connais-tu vraiment ?
http://www.quisontmesamis.com/quizz/f3028540




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SimiaK 
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MessageSujet: Re: [Fiction] Équilibre - Sam 24 Oct - 10:26

SUper chapitre encore une fois, bien que plus long, tellement interessant que je ne m'en suis pas aperçu, et raaaah, tellement envie de connaitre la suite maintenant !

Bref, tu gères Ranyel ! ♥

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Ranyel 
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MessageSujet: Re: [Fiction] Équilibre - Dim 1 Nov - 13:39

Salut, nouveau chapitre pour la Toussaint, du coup pour le point de vue ça sera un spectre !
Bonne lecture !
Edit : J'ai oublié de mentionner que le chapitre précédent ainsi que celui-ci ont été corrigés par Walksacred, merci à lui ! (Et désolé d'avoir oublié ;w;)



Chapitre 20


Lambel



Quelques jours s'étaient écoulés depuis notre expédition au manoir Guéranel, et nous avions commencé notre périple aux abords de la Route 211. Il faisait nuit lorsque nous avions décidé de bivouaquer en marge de la route, et d'y allumer un feu : nous étions parmi les arbres et il nous restait encore un kilomètre avant d'entrer dans la partie désertique de la route, mais nous progressions lentement afin de ne manquer aucune caverne. Au fur et à mesure de notre avancée, l'herbe s'était considérablement ternie et les arbres étaient de plus en plus espacés, témoignant de notre approche d'un milieu plus aride.

Tous les autres à l'exception de Yinvar, Akaï, Élude, Sophiane et moi-même étaient auprès du feu ; il n'y avait pas assez de place autour de celui-ci et nous avions commencé à converser de divers sujets si bien que nous avons finis par être en marge des autres, assis sur des troncs. Alors que le Gardevoir avait emprunté le téléphone de Lucas pour discuter en langue Pokémon avec notre fils, le Martiali était en train de parler de son combat contre le Spiritomb.

-J'ai du mal à saisir comment attaquer les spectres… pourquoi peut-on les toucher avec des rochers ou en les mordant, mais pas en les frappant ?

Effectivement, cela lui avait posé problème lors de son duel. Il me semblait d'ailleurs que Déborah en avait parlé avec Julie un peu plus tôt dans la journée, n'étant pas très au point là-dessus. Je décidai de répondre à la question d'Élude, puisqu'elle me regardait en espérant que je saurais l'éclairer sur le sujet : j'étais habitué à ça étant donné que j'étais le plus âgé, surtout si l'interrogation portait sur les spectres.

-Pour faire simple… Certaines découvertes avaient révélé que leur organisme était fait d'une matière "contraire" à ceux des êtres vivants, ce qui faisait que les uns et les autres ne pouvaient pas vraiment entrer en contact. Cependant, ce n'est pas le cas des objets ou éléments inanimés : c'est pour cette raison que vous pouvez frapper un spectre avec des gantelets en métal, ou que celui-ci peut vous percuter en prenant possession d'un objet. C'est aussi valable pour divers éléments tels que l'eau, le feu ou la foudre… Cette insensibilité aux spectres ne concerne que les être vivants les plus « basiques » : c'est d'ailleurs le critère qui permet de classer certains Pokémon dans le type « Normal » car ils sont dénués d'élément comme les humains, il me semble.

Le braségali acquiesça et compléta ce que je disais.

-En gros, si tu attaques un spectre en le frappant directement, ton corps va passer à travers le sien, et pareil pour lui. Si tu pouvais donner des coups de poing enflammés, tu le toucherais. Pour les morsures, c'est plus compliqué… je n'ai jamais vraiment compris la différence concrète avec un coup normal, mais être sans pitié en attaquant ces êtres permet de les toucher, et pas qu'un peu : c'est assez efficace. Les Pokémon classés comme étant du type « Ténèbres » sont spécialisés dans ce genre d'attaques.

Le Martiali hocha la tête : il semblait avoir compris.

-Peut-être que la colère est un élément, héhé… en tout cas, merci pour les explications.

Bon, je me devais quand même de leur expliquer ça d'une manière un peu plus correcte.

-En vérité, c'est pas vraiment ça. Certains scientifiques pensent que… plutôt que de vivre grâce à la nourriture ou à d'autre ressources, les spectres sont alimentés en partie par leur volonté. Ce serait pour cette raison que des attaques... disons… « viles » atteindrait leur esprit pour les affaiblir, comme s'ils prenaient des vrais coups. Les insectes aussi peuvent les affecter, mais c'est beaucoup moins efficace.

Sophiane, qui venait de raccrocher, renchérit.

-C'est un peu comme une attaque psychique, qui atteint le mental de l'ennemi pour l'affaiblir physiquement.

-Exactement.


Elle partit alors rejoindre les autres auprès du feu, sans doute pour rendre le portable à Lucas. Nos amis humains étaient en train de discuter, enfin… pour être exact, Alicène dormait la tête posée sur les genoux de Julie, et le père de Déborah fixait le feu d'un air penseur. Cela ne parût échapper au Cizayox.

-Je me demande pourquoi il est venu avec nous, il n'a pas l'air de s'entendre si bien avec les autres, et nous n'avons pas eu les ennuis qu'il avait prédit pour le moment.

Akaï, qui jouait avec une branche dont il avait mis l'extrémité en feu, l'agitant comme une baguette de Goupelin, lui répondit sans quitter son jouet des yeux.

-"Pour le moment", en effet. Nous ne sommes pas encore arrivés dans la partie dangereuse de la route. Une fois dans le désert, il faudra nous tenir sur nos gardes. Concernant le père de Déborah, il tient énormément à sa fille malgré le fait qu'il l'a abandonné par le passé. Il avait juste estimé que sa femme avait plus besoin de lui ; maintenant qu'elle fait cavalière seule, je pense qu'il veut rattraper le temps perdu avec elle.

Cela me faisait penser au père de Lucas et Julie, et me fit dire quelque chose d'une manière presque involontaire.

-Il ne l'a pas vraiment abandonné, pas comme lui, en tout cas…

La Gardevoir ne manqua évidemment pas ce que je venais de dire.

-Tu fais référence à Hugues, c'est cela ?

-Oui.


Voyant les regards curieux du Cizayox et du Martiali, je n'attendis pas qu'ils me bombardent de questions avant de raconter l'histoire.

-Je parlais du père de Julie et Lucas. Il les a quitté très jeunes, quelques années avant le décès de leur mère. Pour faire court, il avait développé une… certaine dent contre les spectres, après plusieurs années de cohabitation. Il lui avait alors demandé de choisir entre nous et lui. Bien évidemment, puisque ses recherches sur les spectres était l'un de ses raisons de vivre, l'autre étant ses enfants, Marie lui demanda de partir. Depuis lors, nous n'avons plus jamais eu de nouvelles de lui, pas même lors de sa mort. Je ne sais même pas s'il est encore vivant.

Sophiane, qui regardait le sol depuis tout ce temps, ajouta :

-Cet homme était devenu ignoble au bout d'un moment : je me rappelle qu'il était bien plus gentil quand il avait rencontré Marie, mais, sans que je ne puisse vraiment l'expliquer, il a nourri une rancœur contre vous… surtout toi Lambel. Mais je suis contente qu'il ne soit pas revenu empoisonner les enfants. Ils se débrouillaient très bien sans lui, et nous étions là pour les guider et les protéger.

Elle me fixait d'un air presque mélancolique. C'est vrai que cette période de ma vie… enfin, de mon existence durant laquelle nous avions du élever Julie et Lucas comme si nous étions leurs parents était quelque chose qui me manquait un petit peu, je devais bien l'admettre.

Elle était proche de la vérité quand elle avait employé le mot « ignoble ». Peu avant son départ, il se montrait très sévère avec ses enfants, surtout avec Julie qui avait déjà du retard sur son petit frère en terme de psychokinésie. Hugues était un kinésiste de renommée et leur avait transmis ce don, mais seul Lucas répondait au minimum à ses attentes, ce qui fit que Julie s'est davantage tournée vers sa mère, et ses études pour les spectres. J'étais intervenu plusieurs fois afin de la défendre lorsqu'il élevait la voix sur elle, ce qui n'arrangeait pas vraiment les choses.

Yinvar, qui regardait un Cerfrousse brouter de l'herbe en bas de la colline, posa alors l'interrogation suivante :

-Je me demande ce qui se passera si jamais nous le rencontrons…

Je ne saurais pas dire ce qu'il se passerait, mais je n'étais pas sûr de vouloir le savoir. Mais bon, ces enfants devenus adultes, Julie, Lucas, Déborah et Alicène, tous avaient réussi à s'en sortir jusque-là alors qu'ils ont plus ou moins grandi sans vrais parents. J'étais convaincu qu'il arriveraient à surmonter bien des obstacles à eux seuls, alors ce n'est pas lui qui les arrêterait.

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MessageSujet: Re: [Fiction] Équilibre - Mer 11 Nov - 22:51

Voici le chapitre 21, bonne lecture, et merci à Walksacred et LucAaron qui se sont proposés pour corriger mes chapitres o/



Chapitre 21


Déborah



-Allez, allez ! Grouillez !

Alicène et Julie avaient du mal à grimper le talus en haut duquel nous venions de monter. Nos agresseurs étaient lents, mais nous n'étions guère mieux : ils avaient l'avantage du terrain et la tempête de sable provoquée par leur Hippodocus n'arrangeait rien. Celle-ci nous fouettait le visage et nous empêchait de les voir : nous ne savions même pas combien ils étaient. Les cris qu'ils poussaient de temps à autre nous permettaient cependant de deviner qu'ils ne voulaient certainement pas juste dialoguer.

Mon père, qui était resté en retrait derrière les filles, n'avait quant à lui aucun mal à se déplacer : il avait certainement été confronté à ce type de terrain durant ses aventures avec ma mère. Il finit par prendre la fille aux cheveux violets sous le bras pour lui faire monter la pente plus vite, alors que Julie s'agrippait à lui pour s'aider. Lucas, après un court échange avec Sophiane, nous dit quelle direction il nous fallait prendre : cette tempête nous déboussolait, et nous avions du mal à retrouver la caverne dans laquelle nous avions passé la dernière nuit. À défaut d'avoir un autre plan, nous pensions que nous pourrions au moins les semer de cette façon,ou bien les combattre dans un milieu moins défavorisant pour nous.

Quelques mètres plus tard, nous entendîmes un ordre d'attaque : j'eus à peine le temps de réagir que je sentis le sol bouger en-dessous de moi, puis quelque chose m'agripper violemment : il s'agissait d'une patte de Minotaupe. Heureusement pour moi, Akaï réagit très rapidement et brûla celle-ci d'un coup de poing enflammé, avant de sortir son propriétaire du sol pour le marteler de coups : hélas, il réussit à se défaire de l'emprise du Braségali et retourna s'enfouir dans le sol.

Ayant entendu un rugissement du coté de Lucas, je vis que son Absol essayait de trancher un Triopikeur à l'aide de sa corne, le faisant ainsi fuir. Par la suite, il y eut une progression plutôt difficile durant laquelle nous subîmes plusieurs assauts : le chaos était tel que je me demandais qui de nos agresseurs étaient des bandits ou des Pokémon sauvages. Parmi eux, un humain, doté d'une cagoule et de lunettes de moto, nous avait sauté dessus et avait essayé de nous frapper avec une batte, mais il fut rapidement neutralisé par l'action conjuguée de mon père, Lucas et Yinvarn.



Finalement, la tempête s'estompa. Nous étions également arrivés à la caverne : essoufflés, nous nous précipitâmes à l'intérieur afin de nous reposer. Mon père sortit son Nanméouïe de sa pokéball, et celui-ci aida le Gardevoir à soigner les autres à l'aide de vibrations curatrices. Le grand homme, quant à lui, nous demanda si nous étions blessés. Ayant vérifié l'état de la cheville que le Minotaupe avait saisie, je répondis par la négative.

Maintenant que le danger semblait écarté, je sentis l'adrénaline en moi se changer en colère. Au-dehors de la caverne, il n'y avait que des terres arides et des falaises à perte de vue. Ni ville, ni route, ni forêt. Cela faisait déjà une semaine qu'on était dans ce putain de désert, et…



-C'est la troisième fois qu'on se fait attaquer…

Je venais de me retourner vers les autres en leur disant ça. Certains affichaient un air désolé, d'autres détournaient le regard. Mon père, lui, me regardait dans les yeux. J'étais d'accord avec lui sur le fait que ce voyage était un poil risqué, et surtout dont l'intérêt était plus qu'incertain : malgré ma témérité et mon goût pour le combat, j'en avais déjà assez de ces embuscades de merde qu'on se tapait.

-C'est le bordel ici ! Même dans les profondeurs de Doublonville je me sentais plus en sécurité, au moins il y avait pas une grande distance à parcourir pour être à l'abri ! Là si on se fait choper, on meurt. Faut qu'on se barre de là, vraiment ! On n'est même pas sûrs que ce que vous cherchez est ici…

Julie, qui jouait jusque là avec quelques cailloux à même le sol rocheux de la caverne, me répondit d'une voix lasse :

-Je l'ai déjà dit, c'est la seule piste qu'on a. Vous êtes libres de partir si vous le voulez, au pire. Si je dois voyager seule, je le ferais.

Un moment de silence. Je ne savais pas moi-même quoi répondre à ça : elle avait raison, au final, mais bon, elle savait très bien ce que je voulais dire par là.

-Fais pas l'idiote. Perso, je vous laisserais pas tomber. J'essaie plutôt de te convaincre que c'est du suicide de continuer cette expédition.

-Il faudra plus que quelques attaques pour me faire peur. Tu sais, je suis déjà fait agresser plein de fois lors de mes voyages, alors que vous étiez à Doublonville, Lucas et toi.

-Ce n'est pas de peur qu'il s'agit, mais de sagesse.


La voix grave de mon père nous surprit un peu : il prenait pas souvent part aux discussions, surtout s'il s'agissait de disputes.

-La peur, c'est lorsque l'on perd ses moyens face à quelque chose, et qu'on ne peut l'affronter. Déborah n'a pas peur, et je pense que vous la connaissez assez bien pour savoir ça.

Mon amie la spectrologue sembla un peu frustrée de cette réponse. Elle n'avait pas vraiment d'arguments à opposer pour que l'on reste ici, en fait. Au bout d'un long moment, Lucas se leva et déclara :

-C'est peut-être trivial pour toi Déborah, mais ces études sont très importantes pour nous. De plus, nous avons fait plus de la moitié du parcours jusqu'à la bordure nord du désert : il ne nous restera plus qu'à longer celui-ci car les autres cavernes du coin se trouvent à cette limite. J'estime que le plus dur a été fait.

J'allais lui répondre, et pas de la plus tendre des manières, mais le signe que me fit le braségali m'en dissuada. Adossé au fond de la caverne derrière tous les autres, il avait agité sa patte pour me faire signifier qu'il me fallait me calmer . Il se mit alors à parler en langage Pokémon, que Sophiane s'empressa de nous traduire :

-L'important, c'est de ne pas nous diviser. En outre, nous pourrons traiter cette question plus tard. Pour le moment, nous devons nous débarrasser de ces bandits. S'ils ne nous ont pas suivi dans cette caverne, c'est qu'ils nous attendent dehors. Vous croyez vraiment qu'ils nous auraient lâché comme ça ?

J'espérais qu'il n'avait pas raison, mais ça devait sans doute être le cas. Le soupir que poussait mon père, et l'absence de stupeur chez lui contrairement aux autres me laissait penser qu'il se doutait depuis le début que ces salauds nous attendaient à la sortie.

Il y eut un grand moment de silence, avant que le Gardevoir ne se remette à nous parler :

-J'ai la sensation que nous devrions pas rester ici, je sens que…

Une légère secousse se fit sentir, suivi d'une autre plus intense.



-Ils essayent de faire s'écrouler la caverne, nous devons partir !

En quelques instants, nous étions déjà en train de courir au-dehors, nous plongeant à nouveau dans une tempête de sable. Au moins, nous étions sûr que c'était eux à présent. Au milieu de plusieurs cris de Pokémon, dont certains ne me disaient rien, mon père hurla :

-Ne restez pas immobiles, et guettez le sol ! Ne vous faites pas avoir par leurs Pokémon !

Après cela s'ensuivit l'un des combats les plus chaotiques qui m'aient été donnés de faire : humains comme Pokémon, ils nous sautaient dessus et se retiraient sans que nous n'ayons le temps de riposter après avoir paré ou esquivé leurs attaques. Le sable voletant d'une manière de plus en plus intense, nous étions désorientés et nous ne pouvions même pas les voir à travers ces épais nuages dans lesquels ils se réfugiaient après leurs assauts. C'est après avoir repoussé un de ces bandits d'une droite que je sentis le sol se mouvoir sous mes pieds : Après m'être retournée, je constatai que quelque chose creusait à toute allure vers Alicène, créant un relief au sol. Cette dernière se retourna lorsqu'elle m'entendit hurler de toutes mes forces :

-ATTENTION !

Une grande queue de pierre jaillit du sol et s'enroula autour d'elle, qui semblait paniquer comme jamais. Cela fit crier Julie qui détourna complètement son attention de son agresseur, lui valant alors un coup de poing sur la tempe tandis qu'elle essayait de courir vers son amie. Au moment-même où Akaï et moi-même nous précipitions vers elles, je sentis une drôle d'impression.

Tout d'un coup, nous étions devenus lents. Nous pouvions voir chaque grain de sable en suspension en l'air. Je vis dans le regard du Braségali qu'il était tout aussi perplexe que moi en voyant cela. Par ailleurs, l'Ossatueur qui fonçait sur mon père semblait beaucoup plus rapide, mais il fut alors violemment intercepté par une forme verte, que j'identifiai ensuite comme étant un Cacturne. Je vis également la queue de l'Onix se desserrer sous l'effet de ce qui semblait être de la psychokinésie et lâcher Alicène dans le sable, et j'entendis des cris très graves, comme s'il étaient passés au ralenti. Au bout de quelques minutes qui me parurent interminables, cet effet étrange prit fin, alors que la tempête commençait enfin à s'estomper.

On pouvait maintenant voir des gens et des Pokémon s'enfuir, certains d'entre eux portant leurs acolytes probablement inconscients sur le dos. Devant nous se dressait un homme de taille moyenne, aux cheveux courts et à la barbe brune. Il était habillé d'un ensemble chemise/pantalon aux couleurs du désert avec des rangers, et portait également une casquette et un tonfa dans chaque main. Ses membres portaient tous des bracelets métalliques qui semblaient plutôt lourds, et dont l'utilité me laissait plus que perplexe. De part d'autre se tenaient un Cacturne et un Kaorine, tous deux également dotés de ces poids.



-Bonjour à vous voyageurs. Mon nom est Serge. Je savais bien que ce nuage, c'était encore ces minables. Ne vous inquiétez pas, ils ne reviendront pas de sitôt. L'un de vous est-il blessé ?

Julie était en train de se relever et se tenait la tempe gauche d'où s'écoulait du sang. Mon père suggéra alors de nous réfugier du soleil à la caverne avant de commencer à panser les blessés, tout en s'aidant des pouvoirs curateurs de son Nanméouïe et de Sophiane. Pendant ce temps, Nouche posa la question qui démangeait probablement la plupart d'entre nous :

-Comment avez-vous fait ? C'était une distorsion, n'est-ce pas ?

-En effet. C'est pour ça que nous portons ces poids, si vous vous posiez la question. En plus de nous aider à nous battre, ça nous permet d'ailleurs de voyager très rapidement dans le désert. Des armures entières seraient encore meilleures, mais nous serions alors en train de cuire au soleil.


Des explications sur ce qu'était la distorsion suivirent, mais il me semblait que seul mon père en profitait vraiment : je savais déjà ce que c'était, puisque Lucas m'avait rabâché les oreilles avec tout ce que pouvaient faire les pouvoirs psychiques. L'allure de cet homme, dont le sourire semblait quelque peu fatigué, était pour le moins étrange, et son Cacturne me dévisageait bizarrement. Son Kaorine, quant à lui, semblait fixer le vide.

-C'est très imprudent de voyager en ayant aussi peu d'expérience du désert, vous savez. Surtout en ce moment, c'est n'importe quoi : il y a de ces enfoirés partout, et ils jouent les vautours comme des fumiers dès qu'ils peuvent. J'ai entendu dire que les autorités de Hoenn vont enfin intervenir sur cette route, mais c'est pas gagné pour eux…

Lucas, qui s'était abstenu de parler après les présentations avec cet homme, semblait plongé dans une intense réflexion, à laquelle il mit fin en se levant, et en annonçant, à la surprise de tous :

-Nous avons besoin de quelqu'un pour voyager à travers ce désert. Accepteriez-vous de nous accompagner ?

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SimiaK 
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MessageSujet: Re: [Fiction] Équilibre - Jeu 12 Nov - 20:13

Je commente pour que cette fic apparaisse au dessus des autres, car elle mérite clairement d'être lue !
Tout a déja été dit a son sujet ! Juste bon courage pour la suite car franchement c'est toujours génial a lire

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Tout est relatif sauf ce qui ne l'est pas

Je ne jures que par trois choses.
La Folie                                                          La Dépression


et la manière incroyable qu'on a de pouvoir se foutre de ce qui ne nous intéresse pas


 
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Ranyel 
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MessageSujet: Re: [Fiction] Équilibre - Dim 6 Déc - 21:57

Bon après presque un mois d'absence voici le nouveau chapitre, qui en plus est assez court (logiquement les prochains seront plus longs, désolé :c). J'ai pas eu assez de temps, ou plutôt je n'ai pas réussi à l'optimiser ; ça ira sans doute mieux par la suite. Bonne lecture !



Chapitre 22


Sophiane



Trois jours plus tard, nous étions en train de marcher (ou léviter, comme c'était le cas pour moi et mes amis spectres) dans une grotte que nous venions d'explorer, nous dirigeant alors vers la surface, éclairés par Néval ainsi qu'une torche portée par Serge qui menait le groupe. Cet homme semblait plutôt sympathique, et bien que cela faisait seulement quelques jours qu'il voyageait à nos côtés, je n'avais rien perçu de négatif dans ses pensées ou ses intentions. Comme toutes les autres cavernes dans lesquelles nous nous étions aventurées, nous n'avions rien trouvé de spécial : j'étais un peu chiffonnée de sentir que l'optimisme de Julie semblait perdre en intensité au fur et à mesure que nous progressions le long du désert, le nombre de cavernes restantes réduisant alors à vue d’œil. Déborah était toujours un peu énervée par le voyage en lui-même, et semblait ne pas apprécier Serge, tout comme Alicène ; il était en revanche plus dur pour moi de ressentir cela chez elle, tout simplement parce que j'avais du mal à lire ses émotions, pour une raison qui m'échappe. Mais sa gêne envers cet homme était évidente et plutôt visible, à l'image de l'aisance qu'elle avait en présence de Déborah il y a quelques semaines.

Dans l'ensemble, on ne pouvait effectivement pas dire que la bonne entente était ce qui pouvait le mieux caractériser notre drôle de petit groupe, et pourtant les chamailleries de Lambel et Néval n’arrangeaient pas les choses, même si c'était assez drôle par moment. Néanmoins, j'essayai de profiter un maximum de ce voyage, comme par exemple en admirant les parois et la formations rocheuses de cette caverne. Elle était assez profonde mais les couloirs étaient larges et il y avait parfois des cristaux qui reflétaient la lumière au plafond, ce que je trouvais assez magnifique. De temps à autre, nous croisions des pokémons ou même des spéléologues : nous avions d'ailleurs eu une petite frayeur à un moment, lorsque cet énorme gigalithe s'était mis à grogner alors que Julie l'avait touché par inadvertance. Heureusement pour nous, il s'était contenté de partir, lentement mais sûrement, dans un autre coin de la caverne pour ne plus être dérangé.



Enfin sortis, nous fûmes pendant un instant éblouis par la lumière du soleil de fin d'après-midi, qui rayonnait sur le désert au loin, et donnait une teinte vert olive aux quelques parcelles d'herbe qui avaient pu pousser sur le terrain aride de bord de désert où nous nous trouvions. Cependant, la contemplation fut de courte durée : tout le monde se tourna vers Alicène au moment où ses jambes se dérobèrent sous ses pieds. Julie et le père de Déborah se précipitèrent vers elle pour constater son état : elle avait toujours les yeux ouverts mais ne semblait plus être consciente de ce qu'il se passait autour d'elle, et avançait son bras droit dans le vide alors que ses lèvres remuaient lentement sans produire le moindre son. Tandis que ces deux-là étaient en train de l'appeler, probablement vainement puisqu'il semblait que c'était une de ses visions, Serge, qui n'était pas au courant de son don, suggéra qu'elle ne s'était pas assez hydratée et son cacturne était déjà en train d'apporter une gourde à la jeune fille. Quant à moi, je ne parvenais pas à lire son esprit et j'en ressentis une grande frustration. Pourquoi semblait-elle être imperméable à une quelconque forme de communication télépathique ? Même lire ses émotions était très ardu…

Au bout de quelques instants, après avoir faiblement prononcé quelque chose, elle revint à elle. Alicène se secoua la tête avant d'accepter la gourde que lui tendait le pokémon cactus et de boire quelques gorgées après l'avoir remercié. La sœur de Lucas lui demanda comment elle se portait.

-Je… je vais bien, enfin… je n'ai rien vu d'effrayant, cet-te fois...

-Tu as dit quelque chose à la fin ?

-Oui… Il s'agit du Mont Chimnée… ce que… ce qu'on cherche se t-trouve là-bas.

Lucas et Julie se regardèrent mutuellement avant de sourire et de prendre la jeune fille dans leur bras, sous les regards un peu interloqués de Serge et de ses pokémons.

-Oui, enfin, ça se précise ! Merci beaucoup Alicène !

Un peu hébétée, Alicène répondit en bégayant encore plus qu'à l'accoutumée au jeune homme qu'elle était ravie de pouvoir rendre service, mais qu'il fallait d'abord s'assurer de la véracité de cette vision, ou du moins de si elle était vraiment en rapport avec leurs recherches.

Un peu plus tard, nous étions arrivés au motel dans lequel nous avions décidé de passer la nuit. Tous les autres étaient dans à l'intérieur, répartis dans les chambres, excepté Néval, qui m'avait aperçue par inadvertance et était resté pour discuter un peu. De ce qu'il m'avait dit, la jeune fille aux cheveux violets dormait déjà dans sa chambre ; sa vision avait sans doute du l'épuiser.

Quant à moi, je m'étais isolée derrière le motel qui faisait le dos aux bois qui nous séparaient des pentes du Mont Chimnée, qui reflétait la lumière du coucher de soleil dans un éclat orangé. J'avais essayé de me concentrer afin de voir ce qui allait nous arriver là-bas… sans succès malheureusement. Je n'arrivais plus à prédire ces derniers temps, sans doute à cause de la fatigue ou de la chaleur. C'est pour cette raison que j'avais dit au mélancolux que sa présence ne me dérangeait pas : même s'il se montrait parfois insupportable en groupe, mais surtout avec Lambel, je devais bien admettre qu'il était sympathique lorsqu'il n'avait qu'un seul interlocuteur.

-Je ne comprends pas… Alors que cette humaine peut prédire l'avenir, moi, j'en suis incapable… Si tu savais à quel point ça m'angoisse : nous allons nous rendre là-bas sans avoir la moindre idée de ce qui nous attend.

-Ben, et comment font les autres aventuriers ? Et puis, rien ne dit que nous allons forcément avoir des ennuis là-bas. Franchement, si Alicène pense que nous pouvons y aller, je crois qu'on peut bien lui faire confiance. Après tout, elle n'a jamais eu tort jusque-là.


Même si ça m'ennuyait de l'admettre, il avait raison. Pourtant, je me sentirais bien plus rassurée de le voir par moi-même plutôt que de la part d'une humaine que nous ne connaissions pas depuis si longtemps que ça. Le mélancolux évoqua alors Serge :

-Cet homme ne sait toujours pas ce que nous cherchons. S'il pense que nous sommes à l'affût d'un trésor, ou qu'il se rend compte de la valeur de ce que nous recherchons, quelle sera sa réaction ? Peut-on lui faire réellement confiance ?

-Je ne sais pas vraiment. De ce que j'ai pu lire en lui, il semble avoir un bon fond…


Néval s'agita un peu comme à chaque fois qu'il semblait avoir trouvé une bonne idée, ou en tout cas ce qu'il croyait en être une.

-Je vais le surveiller en me cachant dans un des objets de sa chambre, comme ça on sera fixés !

-Mais son kaorine va te voir…

-Non, il est dehors, regarde là-bas !


Il agita un de ses bras vers un petit monticule au-dessus duquel le pokémon lévitait, contemplant le paysage à l'horizon alors que le cacturne était en train de se reposer sur un banc près du motel.

-T'inquiètes pas, je suis un pro de l'infiltration !




Néval



Roooh… Mais pourquoi ne faisait-elle pas confiance ? Ne pas croire en ma discrétion, c'est assez incroyable, quand même. Là, le gars me voyait même pas alors que j'étais caché dans la peinture accrochée à droite de son lit, m'offrant une vue parfaite sur celui-ci, la porte et même la fenêtre et l'extérieur, enfin, avant qu'il finisse par fermer les rideaux parce que le soleil s'était couché.

Allongé sur le lit, il était vêtu de son ensemble couleur sable mais avait retiré ses bracelets, tout en ayant défait quelques boutons de sa chemise. Il lisait un roman abîmé sorti de son sac depuis tout à l'heure, rien de très palpitant.  Avant ça, il avait passé un coup de téléphone à quelqu'un de sa famille,  probablement son frère ou sa sœur puisqu'il parlait de «Papa » et « Maman ». Celui-ci n'avait pas duré très longtemps et était inintéressant au possible : il avait demandé des nouvelles de sa famille, en avait donné des siennes… vraiment rien de consistant.



Et en fait, je me faisais chier maintenant. Et je ne pouvais plus partir : si je tentai de m'extraire de ce cadre, il bougerait à coup sûr et il l'entendrait, vu le silence total de la chambre. Je me sentais trop con.

Au bout d'un looooooong moment d'attente insupportable, on entendit de très légers coups contre la porte de la chambre. L'homme soupira et referma son livre avant de se lever et d'aller ouvrir. C'était Alicène qui avait un regard qui semblait un peu perdu mais surtout, tremblait légèrement. Elle commença à balbutier des choses un peu incompréhensibles alors que Serge, perplexe, lui dit qu'elle pouvait rentrer si elle le souhaitait. Elle était simplement vêtue d'un T-shirt trop grand qui lui arrivait jusqu'aux genoux, que je reconnus comme étant un de ceux de Déborah.  Cela faisait presque office de robe de nuit et attestait donc qu'elle n'avait effectivement pas pris le soin de se changer après sa sieste, ce qui me parût étrange ; elle était de nature très pudique et timide, qu'était-elle donc venue faire ?

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Dernière édition par Ranyel le Mar 22 Déc - 12:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Fiction] Équilibre - Lun 7 Déc - 22:12

Je me suis dit que j'allais commenter afin de te donner un encouragement éclair, quand je me suis souvenu que je devais encore te répondre. Voici donc ma réponse :

Pour la chatbox, le problème venait bien de mon côté : la semaine, je suis à l'internat, et le pare-feu de sa wifi fait que je ne puis me connecter à la CB. Mais au final, ça ne me dérange pas plus que ça, n'étant pas quelqu'un à la parole facile (pour résumé).
Du coup, au cas où je me connecterais miraculeusement sur la CB, mon pseudo est Thojac.

Mouais... mauvais emploi du mot "genre" de ma part. Ce que je voulais dire par là, c'est que ça se sentait qu'après la mort de leur mère, Lucas et Julie allait continuer ses recherches/partir à la recherche du coupable du meurtre. Et après avoir lu le prologue, j'avais espéré que la ligne directrice ne s'oriente pas vers un de ses deux choix.
Mais bon, ça ne me dérange pas plus que ça, et je me suis vite fait à l'idée. Et comme je l'avais dit plus haut, les nombreuses intrigues ultérieures (la question de l'évolution de Néval, etc.) cachent énormément la principale.

Voilà. Je n'ai rien à dire sur le reste, si ce n'est que si tu limites le novel de Shoujo à +18, je vais éviter de le lire, étant sensible à tout ce qui est sanglant, et/ou les scènes pas catholiques me mettant mal à l'aise plus qu'autre chose.

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MessageSujet: Re: [Fiction] Équilibre - Mar 8 Déc - 2:10

Ta formulation "limiter le novel de Shoujo à +18" me parait plus qu'étrange et j'ai peur de ne pas avoir bien compris ce que tu entendais par là, mais je te rassure quant au fait qu'il n'y aura rien d'insoutenable dans ma fiction. Après, je ne connais pas ton seuil de tolérance mais sache que mon but n'est pas vraiment de choquer ou de creuser dans le toujours plus gore/sale.

Il y aura sans doute quelques scènes un peu crues mais elle seront justifiées et je mettrais peut-être les passages un peu trop violents en caché (genre spoiler ou surligné noir). Merci pour ton post en tout cas.

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MessageSujet: Re: [Fiction] Équilibre - Mar 8 Déc - 10:14

Euuhhh... Tu confonds ta fic' et le novel que tu avais cité dans ta dernière réponse, là.

Concernant ta fic', ne t'inquiètes pas, il y a rien de violent pour l'instant, même le meurtre du prologue n'avait rien d'extrême. Franchement, je ne me fais aucun souci sur la compatibilité entre ta fic' et ma tolérance.

Quant au novel, tu avais dit dans ta précédente réponse :

Ranyel a écrit:
Ah euh ça ne me paraissait pas plus fou que ça en fait. Mais maintenant que tu le dis, je sais où j'ai choppé ce truc, dans la même fic que celle où j'ai eu l'idée des musiques et des pdvs qui changent d'un chapitre à l'autre : une excellente fanfic de Katawa Shoujo, un visual novel lui aussi excellent (18+ quand même).

Et je t'ai juste répondu que si tu conseilles aux mineurs de ne pas lire le novel, je ne le lirai moi-même pas pour les raisons citées plus haut.

C'est tout...

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MessageSujet: Re: [Fiction] Équilibre - Mar 29 Déc - 22:28

Ah je vois, j'avais rien compris xD

Le visual novel dont je parlais est pas choquant du tout, enfin je préfère quand même dire qu'il faut avoir plus de 18 ans car c'est ce qui est spécifié par les créateurs du jeu

Voici la suite, bonne lecture !
Merci à Darki pour m'avoir aidé à trouver la première musique. Encore merci à Walksacred pour la correction.



Chapitre 23


Julie

Je me demandais bien où était passé Néval, depuis tout à l'heure. Peut-être était-il dehors avec le gardevoir ? Je regardais par la fenêtre le mont Chimnée, notre prochaine destination. J'étais sûre que nous allions y trouver quelque chose, au plus profond de moi, et ce même si je ne disposais pas de don comme Sophiane ou Alicène. Mais peut-être que j'étais trop optimiste.

Mon petit frère et Déborah étaient en train de débattre à propos de qui prendrait quel coté du lit ; quant à moi, je devais dormir avec notre amie, mais l'avais laissée seule dans sa chambre pour le moment car elle avait eu envie de se reposer dès lors que nous étions arrivés à l'hôtel.



J'entendis alors un cri strident, qui venait d'une autre chambre. Après un court instant durant lequel, perplexe, je regardais mes deux amis tout aussi surpris que moi, je me précipitai dans le couloir, vers la seule porte du couloir en-deçà de laquelle s'exfiltrait un rail de lumière.

Alicène...

La personne qui avait poussé ce cri, et dont je me doutais déjà de l'identité, fit irruption de cette même porte en tombant, avant de se relever de manière on ne peut plus maladroite et de se jeter contre moi en criant. Alicène semblait vraiment perdue et apeurée, et je ne parvenais pas à comprendre ce qu'elle me disait. Nous nous tenions dans la lumière qui venait de cette chambre, occupée par cet homme qui nous accompagnait depuis plusieurs jours.

La main tendue vers mon amie, il semblait être choqué et ne disait rien.

-Dis-moi ce qu'il s'est passé, Alicène ! Calme-toi, je suis là !

-Il… il m'a… il m'a touché… en… en bas…

-QUOI ?


Ce cri, que Déborah, Lucas, Serge et moi-même avions poussé à l'unisson laissa place à un silence on ne peut plus grave. Mais il s'écoula très peu de temps avant que notre amie aux cheveux rouges n'ait marché vers l'homme, en l'attrapant au col et en lui criant dessus.

-T'as fait quoi, espèce de bâtard ?

-C'est faux ! Elle ment, je n'aurais jamais fait une chose pareille !


Je baissai mon regard vers la fille que je tenais dans mes bras, qui commençait à pleurer. Elle n'était pas très vêtue, et je demandais bien ce qu'il s'était passé pour qu'elle se retrouve dans sa chambre habillée ainsi. Je sentais une colère monter en moi également, contre cet homme qui avait mis mon amie dans cet état, mais j'essayais de me contrôler car je devais avant tout la réconforter. Je décidai donc de la raccompagner à sa chambre. Avant de partir, j'entendis Lucas menacer l'homme :

-Je vais chercher Sophiane et Nouche, je vous préviens, si elles me confirment que vous mentez, ça va barder pour vous ! On n'hésitera pas à vous livrer aux flics !

Mon frère ne faisait apparemment pas totalement confiance à la jeune fille, sinon il la croirait sur parole. J'eus envie de lui faire une réflexion à ce sujet mais je devais d'abord m'occuper de mon amie.




Akaï

Après avoir entendu ce cri, le cacturne, le kaorine et moi-même étions rentré dans le motel et nous dirigions vers la source de celui-ci : je vis Lucas dans sa chambre, qui était apparemment en train d'essayer de réveiller Nouche, avant d'arriver devant ce qui semblait être une dispute. On pouvait notamment entendre les voix de Déborah et de Serge, qui étaient tous deux en train de crier l'un sur l'autre.

-Ça suffit ! Je n'ai rien fait à cette espèce de folle, elle est venue me voir et s'est mise à hurler pour rien !

La sportive le secoua avant de lui répondre.

-Tu nous prends pour des cons, espèce de connard ?

Au moment où le cacturne vit la scène, il me bouscula et alla aider son maître. Il poussa Déborah contre le mur de gauche pour qu'elle lâche son maître ; heureusement, j'eus le temps de réagir et m'interposa entre elle et lui, au cas où il aurait voulu la frapper. Lui et moi nous regardâmes droit dans les yeux pendant un moment. Le grand homme aux cheveux rouges entra alors dans la pièce, et se figea en voyant la scène. Il savait qu'avancer davantage pourrait être mal interprété par le cacturne, et se tint à distance pour parler à sa fille, assise par terre, qui se massait l'épaule gauche endolorie par le choc avec le mur.

-Qu'est-ce que… Tu vas bien ?

-Oui. Ce gars, il a…

-Je sais, Lucas m'a expliqué. Mais il n'arrive pas à réveiller Nouche, et Sophiane est introuvable, il est un peu paniqué. Monsieur, je ne sais pas si vous réalisez ce que vous venez de faire, mais nous ne vous laisserons pas partir.

-Vraiment ? Vous croyez que vous allez me retenir ? Je vais pas rester ici une minute de plus. Vous n'êtes qu'une bande de tarés illuminés.


Il venait de finir d'enfiler ses bracelets, et ordonna à son kaorine de lancer une distorsion. J'eus cependant le temps d'attraper le cacturne afin de tenter de le maîtriser. Celui-ci se débattait alors que Serge fonçait vers M.Stein, qui réussit néanmoins à l'arrêter en pleine charge. Grand et fort, il était bien le père de Déborah ; celle-ci, se leva en criant «Papa ! » d'une voix déformée par la distorsion, et agrippa le dos de Serge.

Malheureusement, nous ne parvînmes pas à les arrêter pour de bon : les entraver ne semblait pas vraiment les affecter, et il finirent alors par s'extraire de la chambre en nous poussant comme si nous étions de vulgaires ballots de paille, avant de filer à une vitesse hallucinante, suivis par le kaorine.



Peu de temps après arrivèrent Lucas et l'homme qui gérait ce motel, et il fallut lui expliquer ce qu'il s'était passé. Exaspéré, il finit par nous demander de rejoindre nos chambres et nous souhaita une bonne nuit, sans trop y mettre le cœur. Il aurait vraiment pu se montrer plus aimable compte tenu ce qu'il venait d'arriver.




Lambel

Un peu plus tard, nous étions presque tous réunis dans la chambre de Déborah et Lucas, et nous avions laissé Alicène se reposer dans l'autre chambre, avec le braségali et le lockpin pour la garder. La discussion était plutôt animée et pas vraiment dans le bon sens du terme : chacun reprochait à l'autre son comportement par rapport à cet incident. Mais les réflexions convergèrent vers une seule personne dès lors que Sophiane fit son entrée dans la pièce ; les jeunes lui demandèrent où elle était passée, puis finirent par lui expliquer ce qu'il s'était passé une fois qu'ils eussent constaté que le gardevoir ne comprenait pas de quoi ils parlaient.

-C'est terrible… Je ne comprends pas comment ce cri ne m'a pas réveillée. Je me suis réveillée il y a quelques minutes seulement, car je m'étais assoupie derrière le motel. Désolée… Mais, Néval a vu ce qu'il s'est passé, non ?

Ils se tournèrent vers le mélancolux, qui sembla confus pendant un instant, avant de répondre.

-Oui, elle a dit vrai. Cet homme s'était avancé vers elle et l'a fait entrer, puis lui a mis une main sur les fesses. Elle a d'abord été surprise, puis elle lui a demandé d'arrêter, mais il a continué à la… la toucher, donc elle a finit par se débattre et crier.

Un grand silence dans la chambre, vite interrompu par Déborah qui lâcha un juron assez vulgaire pour faire froncer les sourcils de son père. Lucas finit par poser la question qui était également apparue dans mon esprit :

-Pourquoi tu n'es pas intervenu ? Pendant, ou même après, quand je cherchais à avoir un témoignage ?

-Ben, en fait, j'étais…

-Hé, attends Lucas. Va falloir arrêter avec ta connerie de témoignage. Tu crois vraiment qu'elle a menti ?




Cette intervention très sèche de Julie ne laissait rien présager de bon.

-Non, mais avec ses visions, on ne sait jamais, et...

-Tu l'a prise pour une tarée ? Elle est pas complètement déglinguée tu sais, ça lui arrive parfois de vivre sa vie, elle est pas en vision h24, et tant bien même ça serait le cas elle s'en serait rendue compte après coup. Et dis-moi pourquoi le gars se serait enfui s'il était innocent ? La vérité, c'est que c'était ton idée d'engager ce mec, et bien sûr, la première chose à laquelle t'as pensé, c'est de sauver ton honneur ?

-Quoi ? Non mais va te faire foutre bordel ! Tu me prends pour qui à la fin ? Puis bon, tu voues une confiance absolue à cette fille qu'on a rencontré il y a pas si longtemps, et elle t'a complètement retourné le cerveau à ce que je vois. Ouais, je peux encore douter d'elle, je doute toujours de tout et tu le sais très bien !


La sportive se leva de sa chaise et commença à agiter les bras en râlant à son tour.

-Mais depuis le début, ce putain de voyage est une idée de merde, on tombe que sur des crevards et on s'engueule tout le temps ! Et aller au mont Chimnée, vous croyez que ça sera mieux ? On va se faire massacrer là-bas, à tous les coups. Vous avez toujours été plus raisonnés que moi, pourquoi vous faites les attardés depuis qu'on est partis ?

Son père se leva et prit la parole :

-Les enfants, calmez-vous, on ne va nulle part là…

-Facile à dire, mais toi tu voudrais qu'on fasse rien, Déborah, hein. Tu voudrais qu'on se barre, qu'on abandonne. Tu peux te barrer, vas-y ! Prends Lucas avec toi, au moins je l'aurais plus dans les pattes !


Elle n'y allait pas de main morte avec son frère, et évidemment, il réagit de plus belle :

-Tu serais déjà morte dix fois si t'étais partie seule ! Tu sais à peine te battre, seul Lambel aurait pu te protéger, alors c'est bien beau de dire ça !

-Baissez le ton, votre amie dort à coté. Arrêtez de…

-Ben voyons, je vais rentrer toute seule au bercail, déjà que tous ensemble on en a chié alors toute seule ça sera facile, bien sûr !

-Ben ouais, t'es si forte après tout, et…


M.Stein soupira un grand coup avant frapper du poing sur la table.

-ÇA SUFFIT !

Les jeunes se turent immédiatement mais continuèrent à se lancer des couteaux du regard. M.Stein pointa alors du doigt Nouche et Sophiane, qui se tenaient dans un coin de la pièce.

-Depuis tout à l'heure, elles essaient de vous raisonner. Mais vous êtes apparemment trop occupés à vous prendre le bec inutilement, et vous n' « entendez » même pas ce qu'elles disent par télépathie.

Ils avaient maintenant l'air d'adolescents qui venaient de se faire gronder après une dispute puérile. Le mentali fit enfin part de ce qu'elle voulait dire depuis tout à l'heure.

-Nous ne devons pas nous disputer, cela ne sert à rien de débattre sur à qui la faute ou ce qu'il fallait faire, c'est passé maintenant.

-Nous devons rester unis. Et nous redoublerons de vigilance s'il le faut. Déborah, tu sais très bien que nous n'abandonnerons pas, mais tu aimerais qu'on soit plus prudents, n'est-ce pas ?


-… Oui. Je veux juste que nous soyons plus vigilants, et que nous ne laissions plus personne se joindre à nous : nous sommes suffisamment nombreux et nous n'avons pas besoin de qui que ce soit maintenant que nous avons passé le désert.


Le gardevoir hocha doucement la tête avant de poursuivre :

-C'est cela. De plus, un inconnu pourrait découvrir le fait le rapport particulier qu'entretient Alicène et les spectres, où tenter de s'accaparer ce que nous cherchons. Si notre amie a bien vu, nous ne devrions plus être très loin de notre objectif de toute manière.

La discussion continua sur un ton bien plus doux, et bien plus optimiste qu'auparavant, malgré le fait que les jeunes ne semblaient pas s'être tout à fait réconciliés. J'avais néanmoins remarqué que Néval avait disparu : en fait, je pensais qu'il avait du partir juste après que nous lui ayons posé des questions. Il me semblait qu'il agissait d'une manière vraiment étrange ces derniers temps, en accord avec les phénomènes bizarres de plus en plus fréquents que nous subissions. Je me demandais, non sans ressentir un peu de culpabilité, si cela n'était pas dû à cette fille, et j'espérais en tout cas que ceux-ci prendraient fin dès lors que l'on aurait trouvé la preuve que nous cherchions. Malgré ça, je n'appréciais pas de sentir que la situation pourrait rapidement nous échapper à ce train-là.

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Dernière édition par Ranyel le Mer 30 Déc - 11:31, édité 1 fois
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Marianna 
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MessageSujet: Re: [Fiction] Équilibre - Mer 30 Déc - 6:41

J'ai vraiment bien apprécié mais surtout la deuxième partie où il se disputait que la première.

Alors bon c'est bien écrit, tu as de la plume comme on dit et tes phrases s'enchaînent vraiment très bien donc ça fait toujours vraiment plaisir de te lire et en plus la musique était un peu flippante et ça met vraiment bien dans l'ambiance. Mais le truc avec la première partie, c'est peut être car je ne suis pas francophone et que je lis ça à une heure très tardive mais j'ai eu très difficile à comprendre ce qu'il se passait (C'est peut être aussi car ça fait longtemps que je n'ai plus lu ta fic).

Je te donne un exemple :

Fanfiction a écrit:
J'entendis alors un cri strident, qui venait d'une autre chambre. Après un court instant durant lequel, perplexe, je regardais mes deux amis tout aussi surpris que moi, je me précipitai dans le couloir, vers la seule porte du couloir en-deçà de laquelle s'exfiltrait un rail de lumière.

Alors c'est très bien dit et avec le contexte, j'ai compris mais, en-deçà, s'exfiltrait, j'ai eu du mal à comprendre et donc j'ai dû relire plusieurs fois pour m'imaginer la scène. Ensuite viens la phrase :

Fanfiction a écrit:
Alicène.

Et c'est à partir de ce moment-là que je n'ai plus rien compris, comme c'était le seul mot de la phrase, j'ai cru que tu voulais dire qu'on changeait de point de vue mais que tu avais juste oublié de mettre l'icone. Donc de là :

Fanfiction a écrit:
La personne qui avait poussé ce cri, et dont je me doutais déjà de l'identité, fit irruption de cette même porte en tombant, avant de se relever de manière on ne peut plus maladroite et de se jeter contre moi en criant.

Comme tu venais de dire Alicène juste avant et que tu ne dis pas tout de suite l'identité de la personne (oui tu le dis une phrase après mais bon), ça confirme mon idée qu'on avait changé de point de vue et que tu parlais du point de vue d'Alicène et non de quelqu'un d'autre

Fanfiction a écrit:

Alicène semblait vraiment perdue et apeurée, et je ne parvenais pas à comprendre ce qu'elle me disait. Nous nous tenions dans la lumière qui venait de cette chambre, occupée par cet homme qui nous accompagnait depuis plusieurs jours.

Alors, je vois Alicène donc j'ai compris seulement à ce moment-là qu'on est dans le point de vue de Julie et donc que c'est Alicène qui a crié donc je reprends un peu le fil de l'histoire mais...

Fanfiction a écrit:
La main tendue vers mon amie, il semblait être choqué et ne disait rien.

Comme cette phrase est mit en ligne plus basse que les autres, ça se passe en 1/2 secondes dans la tête, hein mais j'ai associé le ''amie'' et ''il'' puis j'ai vu le ''E'' à amie et donc là je me suis rendue compte que ''ah ok, il parle de l'homme''. Ce n'est pas grave et ce n'est pas de ta faute, c'est juste que comme cette ligne est mise à part du paragraphe on associe pas tout de suite l'homme et le ''il'' donc, même si ça ne porte pas à confusion quand on relit, ça ralentit la lecture.

Et puis là, ça faisait longtemps que je n'ai plus ta fanfic et donc je me suis un peu emmêlée les pinceaux avec les personnages :

Fanfic a écrit:
Ce cri, que Déborah, Lucas, Serge et moi-même avions poussé à l'unisson laissa place à un silence on ne peut plus grave. Mais il s'écoula très peu de temps avant que notre amie aux cheveux rouges n'ait marché vers l'homme, en l'attrapant au col et en lui criant dessus.

-T'as fait quoi, espèce de bâtard ?

-C'est faux ! Elle ment, je n'aurais jamais fait une chose pareille !

Je baissai mon regard vers la fille que je tenais dans mes bras, qui commençait à pleurer. Elle n'était pas très vêtue, et je demandais bien ce qu'il s'était passé pour qu'elle se retrouve dans sa chambre habillée ainsi. Je sentais une colère monter en moi également, contre cet homme qui avait mis mon amie dans cet état, mais j'essayais de me contrôler car je devais avant tout la réconforter.

Alors encore une fois, ce n'est pas de ta faute, le chapitre est vraiment très bon je n'exprime que mon ressenti. Alors, comme ça fait pas mal de temps que je n'ai plus lu ta fanfiction (le dernier chapitre remonte un peu), j'ai oublié qui était la fille aux cheveux rouges donc j'ai cru que c'était Alicène qui s'avançait puis ''la fille que je tenais dans les bras''... c'est sûrement d'Alicène que tu parles donc ce n'est pas elle qui s'est avancé, etc... Et il y a un jonglage avec fille et amie qui fait qu'on ne comprend plus trop de qui on parle (je sais, c'est très difficile d'être clair sans que le lecteur confonde les personnages quand il y a autant de monde) . Donc bien sûr, en relisant, j'ai compris à quoi chaque ''pronom'' renvoyait, j'ai compris ce qu'il s'est passé, ne t'en fais pas pour ça mais ça m'a prit du temps à bien comprendre.

Il y a aussi un moment quand Cacturne sépare Serge et Déborah ou ''l'homme aux cheveux rouges'' si on n'a plus lu les précédents chapitres depuis un peu longtemps on peut s'y perdre un peu facilement dans qui est quoi.

Donc voilà, la deuxième partie a été beaucoup plus fluide pour ça et j'ai lu ça beaucoup plus rapidement que la première. Le Chapitre est très très bien en lui même c'est juste que toutes ces petites confusions au début m'ont dû me faire relire plusieurs fois les phrases pour comprendre parfaitement la situation de l'histoire. Et surtout, ce n'est pas peut être pas de ta faute, à l'heure où j'écris ce message il est 00:40 chez moi et je suis vraiment crevée donc c'est possible que ma mal compréhension soit dû à la fatigue. Je le redis, j'ai vraiment super bien aimé ton chapitre, tu écris bien et c'est vraiment très très plaisant à lire, j'ai adoré ce chapitre. La première partie a juste été un peu compliqué à comprendre pour moi, je ne suis pas francophone, c'est peut être pour ça aussi. La dernière partie était vraiment bien et je l'ai + appréciée.

Posipi pour ce bon chapitre et j'attends avec impatience le prochain !

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MessageSujet: Re: [Fiction] Équilibre - Mer 30 Déc - 11:11

Oh le bordel xD

Désolé pour la confusion, que tu sois francophone ne change pas grand-chose à mon avis, c'est surtout que j'aurais du me douter qu'avec autant de persos, d'espacement entre les chapitres et une narration pas toujours très claire, ça finirait par paumer quelqu'un

Je regrette un peu d'avoir mis autant de persos maintenant, mais bon je vais faire avec
Pour le "Alicène." Ben euh c'est vrai qu'on peut interpréter ça comme un fail, mais ne t'inquiètes pas, je vérifie toujours plusieurs fois qu'il y a bien toutes les icônes et les musiques avant de publier, ça ne se produira probablement jamais. J'ai édité pour que personne d'autre tombe dans ce piège

Merci pour ta critique en tout cas o/

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MessageSujet: Re: [Fiction] Équilibre - Sam 9 Jan - 21:59

Plop, nouveau chapitre, bonne lecture !

Note : Ce chapitre concerne un personnage qui ne revient pas souvent dans l'intrigue principale et que certains lecteurs ont peut-être même pu oublier étant donné que les chapitres ne sortent pas très rapidement. Voici donc un rappel au cas où vous seriez concerné par ce problème :

Chapitre 13 (première partie)
Chapitre 15 (deuxième partie)




Chapitre 24

Landry

Cela faisait bientôt vingt minutes que les anciens membres de la brigade se rassemblaient dans l'entrepôt, dégagé pour l'occasion. Il se situait en marge de la ville, et était presque inaccessible si l'on n'empruntait pas les tunnels qui se trouvaient sous Doublonville. Il nous offrait comme seules sources de lumière les quelques vielles lampes accrochées aux poutrelles d'acier qui formaient le squelette de l'entrepôt, ainsi que la lune elle-même que l'on pouvait apercevoir par les vitres placées en hauteur, juste en-dessous du toit, qui n'avaient sans doute pas été lavées depuis un bon paquet d'années. Cette réunion, reportée suite aux descentes de police dans les abysses de Doublonville, avait été planifiée par le Capitaine qui avait sans doute l'intention de nous faire un discours sur la façon dont notre groupe allait évoluer.

Étant l'une des subordonnées directes du Capitaine, j'étais montée sur l'estrade avec le Lieutenant Aldir, son autre « bras droit » : un grand homme barbu aux cheveux gris et au visage doté de traits durs. Toutes les personnes de la salle, quelle que soit leur rang et leur provenance, avaient revêtu l'uniforme militaire gris caractéristique de notre ancienne brigade, accompagné de gantelets en acier, de bottes en cuir et d'un béret marqué de notre insigne : un cercle plein blanc muni de deux ailes bleu saphir. Je constatai avec surprise que nous étions tout de même une cinquantaine, soit presque la moitié des effectifs au moment de la dissolution de notre groupe. Je pouvais m'estimer heureuse d'avoir pu trouver un masque avant aujourd'hui afin de remplacer celui que cette gamine aux cheveux rouges avait cassé : peu de personnes de ce groupe avait déjà vu ma cicatrice au visage, et je tenais à ce que cela reste ainsi.

Un bruit causé par des pas lourds attira mon attention vers la droite de l'estrade : le Capitaine venait de monter et se dirigeait vers nous d'une démarche assurée. Cela faisait plusieurs mois que je ne l'avais pas vue, mais elle était toujours vêtue de la même manière : un grand manteau noir par-dessus son uniforme et un masque à gaz couvrant l'intégralité de son visage, qui faisait qu'elle avait de quoi en effrayer plus d'un. Cette manière de s'habiller ne faisait que de la rendre plus imposante alors qu'elle était déjà grande, et ne laissait visible qu'une seule partie de son corps : ses cheveux bruns coiffés en une longue natte qui descendait jusqu'à sa taille, comme une deuxième colonne vertébrale.

En la voyant, tous, y compris Aldir et moi, firent le garde-à-vous. Elle nous salua brièvement avant de déclarer d'une voix déformée par son masque à gaz :

-Je suis heureuse de constater que vous êtes venus nombreux à avoir répondu à mon appel. Je dois cependant m'entretenir rapidement avec le Lieutenant Aldir et le Lieutenant Landry, puis la réunion pourra commencer.

Elle nous fit signe de sa main gantée pour faire comprendre de venir auprès d'elle.

-Bien. Tout d'abord, je vous félicite pour avoir organisé cette réunion. J'imagine que vous savez sur quoi elle portera ?

Évidemment. Je préférai laisser mon collègue répondre par l'affirmative de sa voix grave, pour ne pas à avoir à réprimer un soupir.

-Bien. Lieutenant Landry, puisque je sais que vous ne prendrez vraisemblablement pas part à ce projet, vous pouvez rester à nos côtés sur l'estrade durant la réunion ou ne pas y assister si vous le souhaitez, mais que vous restiez ou non, je compte bien évidemment sur vous pour ne pas interférer.

Elle me laissait donc le choix… Mais bon, je ne tenais pas particulièrement à ce que les membres du groupe se posent des questions sur mon absence, et je pouvais bien me tenir durant son speech, même si je ne comptais participer à ce fameux projet.

-Compris, Capitaine. Je vais tout de même rester à vos cotés.

Elle me fixa à travers la vitre réfléchissante de son masque.

-Parfait. Allons-y.

Nous reculâmes et nous plaçâmes de part et d'autre du Capitaine, les bras croisés dans nos dos. Le Capitaine, quant à elle, commença son discours d'une voix certes feutrée, mais qui était parfaitement audible dans le silence presque religieux que les rangées de soldats se tenant devant elle s'étaient appliqués à faire.



-Cela fait maintenant presque six ans que notre brigade a été dissoute, et je constate avec joie que bon nombre d'entre vous me sont restés loyaux. Nous avons été jetés par l'État, déclarés comme criminels alors que nous protégions les civils des dangers que représentaient les spectres. Ils ont du nous évincer pour sauver leur peau, et avons été forcés de vivre dans l'illégalité depuis lors. Pour subsister malgré cette trahison, nous avons conquis des quartiers, détruit des gangs et tourné la police en dérision. Nous nous sommes implantés dans la plupart des grandes villes de Johto, et surtout, nous dominons à présent les abysses de Doublonville.

Certains des membres du groupe venaient en effet d'ailleurs, notamment d'Oliville et Mauville. Là où les gens auraient normalement applaudi, durant la pause de l'oratrice, ils gardèrent le silence, attendant la suite.

-Auparavant, nous étions presque deux fois plus nombreux : certains se sont rendus aux autorités après le désastre de Rosalia, d'autres ont fui le pays avec leur  famille, et le reste a fini en prison ou au cimetière. Malgré cela, nous autres sommes restés unis à cause de ce massacre qui a changé nos vies à jamais. Combien d'entre nous avons perdu un membre, un visage, ou même notre santé mentale, ce jour-là à Rosalia ?

Le discours prenait une tournure bizarre. Évoquer cet événement me surprit : c'était un jour traumatisant pour beaucoup d'entre nous. Maintenant qu'elle le rappelait, je constatai avec tristesse le nombre d'amputés, de borgnes et de défigurés dans la salle, témoignant effectivement de la violence de cet affrontement. J'avais subi moi-même une entaille au visage ce jour-là, alors que j'avais tenté de raisonner le ténéfix qui menait leur groupe, juste avant que le carnage ne commence.

-Mais tout ceci va bientôt changer : j'ai rencontré un homme qui va nous sortir de cette situation, nous ôtant ainsi notre statut de criminel et nous permettant même de poursuivre le travail que nous effectuions avant, pour ceux qui le souhaitent encore. Bien que les spectres ne soient pas tous mauvais, il faut se rendre à l'évidence que certains groupes posent de plus en plus de problèmes à travers le pays, et l'État n'y fait absolument rien. Cet homme, surnommé Omnis, va pouvoir nous apporter tout le soutien logistique et politique dont nous avons besoin pour reprendre la lutte contre ces groupes, avec une nouvelle technologie qui garantit que nous n'aurons plus jamais à subir les horreurs que nous avons connues à Rosalia.

Je ne pouvais pas nier le fait que les tensions avec certains groupes de spectres vivant aux abords de zone peuplées avaient en effet pris une certaine ampleur ces derniers temps. Et dire que j'avais rejoint cette brigade dans le but de côtoyer les spectres, êtres qui m'avaient toujours fascinée… Je n'avais pas eu le niveau pour effectuer des études afin de devenir une scientifique, donc il ne m'était resté que ce programme  qui visait à « améliorer » nos relations avec eux, lancé par l'État il y a de ça huit ans. J'étais la plus apte à dialoguer avec les spectres dans le but d'éviter le conflit, mais cela n'avait pas suffi et je m'étais alors retrouvée à devoir les combattre, avec regret. Cependant, je ne pouvais pas abandonner le Capitaine après tout ce qu'elle avait fait pour moi, et c'était pour cette raison que je l'ai suivie jusqu'au bout lors des derniers mois d'existence de la brigade.

Je me demandais de quelle technologie elle parlait : je me tenais au courant des dernières recherches en spectrologie depuis très longtemps mais rien ne me venait à l'esprit actuellement.

-Je vous propose donc de vous joindre à Omnis et moi, afin de faire renaître ce groupe de ses cendres, et de contribuer à la sécurité du pays, qui ne pourra qu'acclamer la Brigade Spectrale !

Elle avait littéralement crié ses derniers mots en levant en poing droit en l'air, alors que tous les soldats devant elle s'étaient mis à applaudir. Étais-je la seule à ne pas apprécier ce plan ? À me sentir mal à l'aise quand j'entendais mon ancienne supérieure, que je respectais plus que quiconque, placer tant de confiance en un inconnu qui nous promettait quelque chose d'invraisemblable, et une lutte vaine qui ne semblait être motivée que par la haine et la vengeance ? Heureusement que je portais un masque finalement. Les autres n'ont pas pu voir l'expression de dégoût que mon visage affichait probablement à l'heure actuelle.

Qu'étions-nous devenus ?

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Dernière édition par Ranyel le Mar 12 Jan - 22:09, édité 1 fois
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LucAaron 
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MessageSujet: Re: [Fiction] Équilibre - Dim 10 Jan - 22:00

Oulà... je me demande bien... ce qu'il s'est passé à Rosalia ! Oui, je me soucie plus du passé que du futur, et alors ?

Par contre, je tiens à te faire part d'un petit oubli, que j'ai mis en gras :

Ranyel a écrit:
Bien que les spectres ne soient pas tous mauvais, il faut se rendre à l'évidence que certains groupes posent de plus en plus de problèmes à travers le pays, et l'État n'y fait absolument rien.

C'est tout pour moi ! À plus !

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Ranyel 
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MessageSujet: Re: [Fiction] Équilibre - Lun 25 Jan - 21:19

Coucou !

Merci pour la faute repérée, LucAaron !
Voici un nouveau chapitre, bonne lecture !
Et remerciez Walksacred qui repasse après mes vilaines fautes (En fait il avait pas encore fait le chapitre d'avant, donc ça explique la présence de faute) mais remerciez-le quand même pour les autres chaps qu'il a fait o/



Chapitre 25


Lucas



-Bon vous êtes prêts ?

Ma sœur était pleine d'énergie ce matin. Installés dans une caverne située au pied du mont Chimnée, nous nous préparions pour son ascension et avions marqué sur une carte les emplacements de toutes les cavernes à explorer. Alicène avait eu deux jours pour se reposer depuis son agression, et à peu près tout le monde avait l'air motivé et en forme pour cette balade, malgré le manque de confort de ces dernières nuits. Enfin, quelqu'un manquait à l'appel : le père de Déborah était introuvable et celle-ci avait déjà fouillé les alentours, sans succès. L'air soucieux que son visage affichait se transforma soudainement en une expression de surprise, alors qu'elle brandissait un bout de papier qu'elle avait ramassé près du sac de couchage de M.Stein.

-"J'ai vu en me levant ce matin qu'il ne nous restait plus du tout de nourriture, donc je suis parti faire des courses à Vermilava. Cela va me prendre beaucoup de temps, donc ne m'attendez pas pour grimper le mont. Faites attention à vous, et à ce soir !". Euh…

C'était plutôt inattendu qu'il nous laisse comme ça, alors qu'il avait souvent tendance à s'inquiéter pour nous. Mais le manque de provisions était également un problème assez préoccupant, et je doutais que sa présence ne change quoi que ce soit à cette expédition : mis à part quelques pokémons sauvages, il n'y avait pas grand-monde sur les pentes de cette montagne.

-On y va vraiment sans lui du coup ?

La sportive semblait quelques peu hésitante à ce sujet, mais ma sœur n'était pas de ce bord-là.

-Je pense qu'on peut. Il nous fait confiance, et puis il n'y aucune raison que ça se passe mal.

Après avoir vérifié que nous disposions de tout l'équipement nécessaire, nous partîmes sur le sentier qui menait vers les hauteurs rougeoyantes du mont Chimnée.

Sept heures et une poignée de cavernes fouillées de fond en comble plus tard, et nous étions déjà fatigués de cette expédition. Il ne nous en restait que deux, dont celle devant laquelle nous nous tenions actuellement. Son entrée, large et sombre, donnait sur une sorte d'esplanade rocheuse : on aurait presque pu construire quelques maisons ici, si ce n'était pas si difficile d'accès, notamment à cause du dénivelé. Ces pentes, assez raides et parsemées de quelques rares buissons aux feuilles fines, ne nous avaient pas facilité la tâche. La vue était magnifique à cette altitude-là : on pouvait voir le désert de la route 111, mais aussi les quelques étendues boisées qui siégeaient en bas du mont. En contrebas, nous pouvions également voir un camérupt en train de dormir, que nous avions contourné afin de ne pas réveiller.

La promenade s'était d'ailleurs passée sans histoires. J'avais cependant été gêné à quelques reprises car Kerne me collait comme jamais, fait inhabituel de sa part. L'absol avait en effet tenu à venir avec nous pour une fois, alors qu'il n'aimait pas vraiment se balader en temps normal. Il était vraiment très agité aujourd'hui et n'avait pas voulu dire à Sophiane pourquoi il se comportait ainsi.

Après avoir soufflé un peu, nous pénétrâmes la caverne, accompagnés de nos pokémons. Celle-ci semblait être une ancienne cheminée du volcan à en juger tout le basalte qu'on pouvait y trouver, mais surtout parce qu'elle était constituée d'un très long couloir qui s'enfonçait de plus en plus dans les profondeurs de la terre. Nous nous étions renseignés sur l'activité du volcan dernièrement, afin d'être sûrs de ne prendre aucun risque. Celui-ci était toujours en éruption, ce qui faisait qu'il évacuait constamment la pression. Il n'y avait par conséquent aucune chance que son activité ne devienne soudainement brutale, et donc que des cavernes comme celle que nous étions en train d'explorer soit alors concernées. Il faisait tout de même de plus en plus chaud au fur et à mesure que nous descendions.



Au bout d'une dizaine de minutes, nous arrivâmes devant ce qu'il semblait être un cul-de-sac. Mais avant même que l'un d'entre nous ne se mette à exprimer sa déception, Sophiane nous fit part d'une chose que nous ne pouvions percevoir.

-Je sens des pokémons très près. Il y a une autre cavité à proximité, c'est sûr.

Lambel arriva à sa hauteur et lui demanda de le guider vers l'endroit où elle captait lesdits pokémons. Une fois cela fait, il entra dans le mur, et Julie l'interpella :

-Attends Lambel, qu'est-ce que tu…

Une sorte de grondement se fit entendre, et un énorme rocher situé près du mur s'enfonça dans la paroi à laquelle il était collé, pour ouvrir un passage vers la cavité. On pouvait voir le magirêve nous attendre de l'autre côté, lévitant à coté d'un levier.

-… Bien joué, vous deux !

Je sentis quelque chose m'agripper : Déborah s'était mise à me secouer et souriait.

-Yeah ! On a enfin trouvé quelque chose, ça doit sûrement être ça !

Ma sœur avait l'air également contente, mais ne put s'empêcher de la faire redescendre sur terre.

-Allons, allons. Il est trop tôt pour se réjouir, peut-être que cette installation n'a rien à voir avec ce que nous cherchons.

Pour moi, c'était évident que ça n'était pas le cas : ça serait une trop grande coïncidence. Mais elle avait tout de même raison : il ne fallait pas s'emballer tout de suite.

-Ouais, après tout, c'est peut-être une ancienne planque de la Team Magma…

Le braségali sembla pouffer de rire à sa manière, de la blague de Déborah. Elle s'attendait sans doute à ce que plus de gens en rient, donc je me devais bien de la chambrer.

-Ah ben alors ça serait vraiment cocasse ça hein !

-… Oui, bon, ça va…


Je venais alors de remarquer qu'Alicène n'avait presque pas réagi à cette découverte, mis à part l'apparition d'un sourire vague. Elle semblait être dans la lune, sans doute à cause de la fatigue.

Quelques mètres plus loin, nous étions arrivés devant une grande porte en acier sur laquelle était inscrit "Danger de mort, accès interdit au public" . En chemin, nous avions croisé les quelques galékids que Sophiane avait senti, qui s'étaient empressés de sortir maintenant que la voie était libre ; ils avaient d'ailleurs commencé à grignoter le bas de ladite porte.Après un court moment où ma sœur avait observé la porte, elle se tourna vers nous.

-Que fait-on ?

-Laisse-nous faire, héhé…


Néval passa derrière elle, suivi du magirêve, et traversèrent la porte, nous plongeant ainsi dans le noir. Le mélancolux avait manifestement oublié qu'il était notre seule source de lumière, et Julie ne manqua pas de lui faire remarquer en l'insultant à travers la porte. La voix étouffée de Lambel se fit entendre de l'autre côté :

-Retourne les éclairer.

-Oui, oui, rooh…


Néval revint avec nous pour nous éclairer, alors que l'autre spectre continuait de nous parler.

-Il n'y a rien de spécial de ce coté, à part une espèce de machine… Il y a des écrans et… Ah, je crois que c'est un ordinateur. Il n'y a rien qui a l'air dangereux en tout cas. Dois-je ouvrir ?

Un ordinateur ? De quoi pouvait-il bien s'agir ?
À vrai dire, je me rendais compte que je n'avais même pas envisagé quelle forme aurait pu prendre les travaux de Guéranel. Vu l'endroit, je m'attendais à des documents papier… mais une machine ? Il semblait en tout cas que ce panneau fixé sur la porte ne servait qu'à dissuader les éventuels visiteurs de la franchir, et non pas à les protéger d'un danger inexistant. Après une rapide concertation, nous dîmes à Lambel d'ouvrir cette porte, ce qu'il fit en prenant possession de la serrure.



La pièce dans laquelle il se trouvait était plutôt grande, et fut faiblement éclairée par deux lampes après que nous ayons appuyé sur l'interrupteur situé près de la porte. L'ordinateur qu'avait évoqué le spectre semblait être composé d'une grande console en métal dotée d'un large écran et d'un clavier assorti de plusieurs boutons, le tout recouvert d'un fine couche de poussière. Elle était branché à une espèce de machine étrange qui avait une forme ovoïde, parsemée de câbles et et surmontée d'un orbe violet. Un espèce de bourdonnement en émanait, et plusieurs de ses LEDs clignotaient de temps à autre.

En levant la tête, je m'aperçus que cette installation était reliée à des câbles d'alimentation qui filaient dans une faille au plafond, probablement vers la surface puisqu'on pouvait voir un peu de lumière du jour si on se plaçait juste en-dessous d'elle. Si ce trou était assez grand pour y faire passer ces câbles assez aisément, il ne permettait en revanche pas le passage d'un humain.

-Je vois… C'est comme ça que c'est alimenté, à mon avis ça doit être relié au réseau électrique du téléphérique, à part ça, je ne vois pas comment ça pourrait fonctionner…

-Nous devrions chercher comment l'allumer.


Nouche disait vrai. C'était donc au bout de quelques minutes que nous parvînmes à trouver le bouton d'alimentation : L'écran s'alluma alors pour afficher "Sortie de veille...", puis "Êtes-vous un nouvel utilisateur ?". Deux boutons apparurent en-dessous de ce message, un "Oui" et l'autre "Non".

Je me demandais alors si c'était un piège, si par exemple les données contenues dans cet ordinateur allaient s'effacer si l'on répondait "Oui". Mais nous n’eûmes de toute façon pas le temps de décider puisque l'écran afficha un nouveau message.

"Délai d'attente dépassé. Vous êtes de toute évidence un nouvel utilisateur. Je suis le propriétaire de cette machine, David Guéranel. Si vous êtes parvenus à venir jusqu'ici, c'est que je suis certainement mort, et mon serviteur également. J'avais tout fait pour qu'on ne me vole pas le fruit de mes recherches, mais maintenant que je suis mort, ça n'a plus d'importance. Il faut quand même que le monde sache. J'espère cependant que vous aurez l'honnêteté de me citer en tant que père de cette découverte."

Ce message était très troublant. J'avais l'impression que cet homme l'avait écrit en sachant que cela allait lui arriver. Je me souvint alors de son journal de bord, où il exprimait régulièrement ses craintes concernant des gens qui voudraient voler ses recherches, voire le tuer : il était probablement paranoïaque. Comme je l'avait également constaté, il tenait beaucoup à acquérir de la gloire avec ses travaux, et même à titre posthume.

"Autant vous expliquer de manière concise ce qu'effectue cette installation. Comme nous le savons déjà, les spectres sont constitués d'une matière qu'ils ont en commun, une sorte de matière unique en dissonance avec la matière organique (et, dans une moindre mesure, la matière en général), ce qui explique pourquoi ils peuvent se rendre intangibles. La principale découverte que j'avais faite par le passé, avec des chercheurs de Sylphe, est que les êtres, vivants ou "morts", émettent un genre d'onde qui n'a rien à voir avec le son ou la lumière. Elle peut être soit du type "Sei" dans le cas d'un humain ou d'un pokémon, ou du type "Shi" s'il s'agit d'un spectre. Chaque être émet sur une fréquence différente mais il apparaît que les entités de même espèce ont une fréquence très proche, ce qui rend possible de répertorier le nombre d'êtres vivants et de spectre pour chaque espèce, qu'elle soit connue ou non.

J'ai donc eu l'idée de concevoir un engin qui permettait de capter ces ondes sur l'ensemble de la planète. J'ai malheureusement été pris de court dans la conception de cette machine, ce qui fait que si elle est effectivement capable de classer les ondes Shi par espèce, elle ne peut en revanche pas encore le faire pour les ondes Sei, mais les deux sont cependant comptabilisées. Cela m'a tout simplement permis de constater que les spectres devenaient des vivants à leur mort et vice-versa. En effet, la somme du nombre d'ondes Sei et Shi est constante à tout instant : l'ordinateur indique qu'à chaque onde d'un type disparaît, une autre de l'autre type est alors détectée. Je pouvais enfin prouver ma théorie ! Enfin...

Cette machine doit encore être perfectionnée pour être la plus précise et irréprochable possible. Elle a cependant sans doute accumulé assez d'informations durant ce temps pour convaincre n'importe qui que ce que j'avance est vrai. Elle contient également beaucoup de documenation sur la façon dont ces travaux ont été menés, et des pistes vers d'autres théories plausibles.

Puissiez-vous faire bon usage de ma création."


C'est dans le silence, tout fébriles d'avoir vu ce discours à la fois dérangeant et excitant, que nous vîmes alors une fenêtre s'ouvrir, qui affichait une liste de spectres pour chaque espèce, associé à un effectif et une fréquence donnée. Au-dessus de celle-ci était écrit le pourcentage d'ondes Sei, qui s'élevait à 56 % ainsi que celui d'ondes Shi, qui était donc de 44 %. Sur une colonne à droite de l'écran figuraient des raccourcis qui renvoyaient probablement vers des rapports détaillés concernant cette théorie et le fonctionnement de la machine.

Ce pourcentage de spectres m'étonnait vraiment, mais je me souvint alors, en voyant la ligne correspondant aux spiritombs, qu'ils comportaient 108 âmes chacun. De plus, les spectres étaient bien plus discrets que les pokémons : l'écran affichait d'ailleurs des espèces non répertoriées pour certaines fréquences, ce qui indiquait qu'il existait encore des nouveaux types de spectre à découvrir.

Je me tournai vers ma sœur et me jetai dans ses bras : nous criâmes comme jamais et nous mîmes à bondir partout comme des puces surexcitées.

-On a réussi, yeees !

Akai, Sophiane, Néval et Déborah se joignirent à nous pour célébrer cette trouvaille avec une étreinte comme nous en avions jamais fait.

C'est alors que je sentis quelque chose de froid me tapoter le bras. En me tournant, je vis Yinvarn, qui désigna Alicène de sa pince en acier. Elle était à genoux et se tenait la poitrine, en respirant d'une manière qui semblait peu aisée, et bruyante.

-Qu'est-ce qu'il t'arrive ?

C'est après m'avoir entendu demander ça que les autres cessèrent leur danse de joie et payèrent attention à la jeune fille, qui avait la tête baissée.

-Je…. J'ai du mal à… respirer… Pa… Non...

Ma sœur l'approcha et posa sa main sur les siennes.

-Bon… Je ne sais pas vraiment ce que tu as, mais on ne va pas traîner ici. De toute façon nous devons rentrer car la nuit va pas tarder à se coucher, et nous reviendrons ici plus tard.

Elle l'aida à se relever. Après avoir regardé une dernière fois l'écran de cette formidable installation, je suivis les autres. Cette machine pouvait bien attendre, elle ne risquait pas de s'envoler. En passant près de notre amie, je constatai qu'elle  suait à grosses gouttes, et tremblait légèrement. Peu-être était-elle claustrophobe ? Non, nous l'aurions remarqué auparavant. Elle avait peut-être eu un coup de chaud, alors… En tout cas, il nous fallait sortir d'ici sans trop tarder. Et l'absol s'amusait encore à me marcher dans les pattes, mais que voulait-il à la fin ?

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LucAaron 
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MessageSujet: Re: [Fiction] Équilibre - Mar 26 Jan - 18:32

Merci Ranyel ! Et Walksacred aussi ! Par contre, une petite question : est-ce que tu as corrigé ce chapitre, Walksacred ? Juste que :

Ranyel a écrit:
Elle contient également beaucoup de documenation sur la façon dont ces travaux ont été menés, et des pistes vers d'autres théories plausibles.

Vous n'avez pas l'impression qu'il manque une lettre ?

Concernant l'histoire en elle-même, quelque chose me dit qu'il va arriver un malheur à la machine. À moins qu'il n'arrive au groupe ; n'oublions pas Kerne qui se comporte bizarrement. M'enfin, on verra bien...
Aussi non, j'ai remarqué qu'à chaque chapitre il y a un mystère de plus, mais qu'il n'y en a aucun qui se résout, ce qui fait qu'elles s'empilent les unes sur les autres.

Encore un grand merci à vous deux et bon courage pour la suite - surtout à Walksacred !

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MessageSujet: Re: [Fiction] Équilibre - Mar 16 Fév - 19:20

Salut !
Pas grand-chose à dire, sinon... Bonne lecture !
Merci à Walksacred pour la correction ortho
(Et merci pour la faute LucAaron)



Chapitre 26


Sophiane



L'esprit encore embué par toutes les informations que nous venions d'assimiler, mais aussi par l'émotion que cette découverte avait éveillée en moi, je ne vis quasiment pas le temps passer lors de la marche vers la sortie de la caverne. Je sentais que Lucas et sa sœur étaient encore plus bouleversés que moi. Cependant, notre jeune amie semblait mal en point, et cela ne semblait pas s'être arrangé durant la remontée. Julie ne cessait de lui demander si elle pouvait encore marcher, si on devait s'arrêter pour qu'elle se repose et ainsi de suite. On pourrait peut-être lui reprocher d'être trop pressante, mais ses inquiétudes semblaient être fondées : il suffisait de regarder le visage d'Alicène pour s'en rendre compte, car il était livide et déformé par une grimace de douleur. Elle se tenait toujours la poitrine, comme si elle essayait de réprimer un incendie intérieur. J'aurais aimé pouvoir lire en elle pour essayer de mieux comprendre ce mal, mais je n'y parvenais pas, comme d'habitude. Arrivés à mi-chemin, la jeune fille aux cheveux violets s'adressa alors à Julie d'une voix plus rauque qu'à l'accoutumée, tout en se défaisant de son bras qu'elle lui avait donné pour aider à marcher :

-Je pense… je p-pense que ça… pfff… que ça ira maintenant… Juste, … laissez-moi respirer un peu…

Elle poussa Julie en avant, et se redressa en marchant d'une manière qui semblait un peu plus assurée. L'aînée parut durant un temps hésitante, puis finit par se dire que ça irait pour elle. Le reste de la remontée se passa dans le silence, finalement rompu par les deux kinésistes qui échangeaient à propos de ce que nous allions faire prochainement. Lambel, qui lévitait à mes côtés, me fit un sourire radieux comme j'aurais aimé en voir plus souvent, sourire que je lui rendis. Cela me faisait penser que nous allions bientôt rentrer, et que nous allions revoir notre enfant. Néanmoins, l'attitude de Kerne me préoccupait : il était agité et inquiet depuis que nous étions partis, et refusait de me dire pourquoi. Il fallait dire que la conversation n'avait jamais été son fort...



Une fois à l'air libre, nous constatâmes que le soleil allait bientôt se coucher, et qu'il faisait moins chaud qu'avant, une petite fraîcheur agréable compte tenu de l'endroit d'où nous venions de sortir. Lucas souleva alors une question que je m'étais également posée :

-Je ne sais pas comment on va tirer cette machine d'ici…

Sa sœur parut réfléchir un court moment avant de répondre.

-On verra bien. De toute manière, je pense qu'il y a un moyen de copier ses données.

-Imagine quand on va révéler ça au monde entier… Les gens prendront de nouveau la spectrologie au sérieux !


Elle sourit en acquiesçant.

-Oui, ça va…

-Vous n'allez pas… Non, vous ne le ferez pas !


… Qui est-ce qui venait de parler ? Cette voix rocailleuse m'était inconnue. Tous les autres, humains comme pokémons, se regardaient les uns les autres d'un air étonné, avant de se tourner vers la vraie source du son : Alicène. Elle nous fixait d'un regard vide, et tremblait comme tout à l'heure. Sa respiration, lente et profonde, était parfaitement audible.

-Vous n'allez rien faire. Le monde n'a pas à savoir ça.

L'absol s'était mis à grogner.

-Qu'est-ce que tu racontes ? C'est une blague, non ?

Julie avança vers elle, l'air confus. Mais la jeune fille lui hurla dessus :

-NE M'APPROCHE PAS !

Ce qui eut pour conséquence de la figer sur place, abasourdie. C'est à cet instant que je sentis que quelque chose d'étrange se passait. Je pouvais maintenant lire ses émotions, mais... elle en avait trop. Je lisais à la fois de la colère, de la tristesse, du regret et de la peur, et cela ne cessait de changer. Je pris alors la « parole », enfin, à ma manière pour faire part de mes observations :

-Elle n'est pas seule à... penser, elle a beaucoup trop d'émotions différentes à la fois pour une personne...

La respiration d'Alicène devenait de plus en plus rauque et bruyante. Au bout d'un moment, elle se mit à crier en se tenant la tête :

-AAAH !!! JE… VOUS ÊTES STUPIDES ! VOUS N'AVEZ PAS CONSCIENCE DE CE QUE VOUS COMPTEZ FAIRE… GNIAAAH… IMBECILES !

Elle secoua sa tête dans tous les sens, avant de se calmer, rivant alors ses yeux froids sur nous, la respiration toujours haletante.

-Vous ne me laissez pas le choix.



Elle tendit alors ses bras vers nous, les paumes ouvertes. Au moment où je compris ce qu'elle allait faire, je dis à mes amis de reculer. Et je ne m'étais pas trompée : un flot constitué de plusieurs dizaines de spectres sortit en trombe de ses mains, accompagné de leurs cris, mêlés aux nôtres, pris de surprise. Ils étaient innombrables, et nous attaquaient sauvagement. Heureusement pour nous, il ne semblait que ce n'étaient que des petits spectres qui n'avaient même pas évolué. Dans la panique, Déborah me bouscula en voulant éviter l'un d'entre eux, et prit une des chaînes qui pendaient à l'arrière de la ceinture de Lucas : elle l'enroula autour de son poing droit et abattit violemment le fantominus qui allait se jeter sur lui.

-Fais gaffe !

Les assauts fusaient de tous les cotés. Des chaînes, des flammes et des balles spectrales volaient dans tous les sens, certains pokémons et Déborah bondissaient d'un adversaire à l'autre. Quant aux deux autres humains, ils restaient plutôt statiques, se concentrant sur leurs chaînes pour entraver nos assaillants. Pour ma part, je passais l'essentiel du combat à esquiver puis à contre-attaquer avec mes pouvoirs psychiques. Bien que nombreux, ces spectres étaient relativement faibles.

Je vis alors qu'Alicène avait commencé à courir vers l'entrée de la caverne, et en informa les autres :

-Elle s'enfuit !

Notre amie sportive la regarda, et, courut à sa poursuite avec son braségali. J'avais baissé ma garde durant ce court moment, mais un autre de mes compagnons vint à mon secours : Kerne. L'absol était plus vif que jamais, et se battait mieux que nombre d'entre nous, ce qui pouvait s'expliquer par le fait qu'il avait beaucoup d'expérience concernant le combat avec les spectres puisqu'il avait aidé Madame autrefois. Au bout d'un moment, il ne restait presque plus aucun spectre en état de nous nuire, les autres s'étant enfuis ou gisant au sol. Yinvarn, Nouche, Alban et Élude étaient inconscients, à terre. Après s'être assuré qu'ils ne souffraient d'aucune blessure grave, Lucas fit rentrer le mentali dans sa pokéball. Julie semblait quant à elle complètement perdue, et rangeait une pokéball dans sa poche, tandis que Néval avait disparu.

Un hurlement fendit l'air et Akaï s'écrasa à mes pieds. Je regardai vers la caverne, et vit alors Alicène fracasser le visage de Déborah d'un coup de poing. Elle tituba en arrière en se tenant le nez, qui se mit à saigner à cause du choc.

-PUTAIN, CONNASSE ! D'où elle a cette force sérieux ? Je vais te démolir !

Elle se jeta sur elle et tenta de l'attraper, alors que Lucas lui cria de faire attention. La démente fit un saut sur le côté pour l'esquiver, avant de l'attraper dans le dos en agrippant son t-shirt, et de la projeter dans le vide. Un bruit sourd accompagné de cris m'indiqua que Déborah dévalait la pente, hors de ma vue. Le jeune homme fut tentée d'aller l'aider, mais il fallait d'abord neutraliser cette fille et Julie ne manqua pas de le lui rappeler.

-Ne t'inquiète pas, elle s'en sortira. Mais toi…. Je ne sais pas ce qu'il t'arrive, Alicène, mais ne crois pas que je resterais là sans rien faire !

Elle fit un mouvement de bras et ses deux chaînes, qui enlaçaient des spectres inanimés jusque-là, s’élevèrent dans les airs et se mirent à tournoyer en rythme, contrôlées par elle qui devait probablement faire des gros efforts pour se concentrer sur ses armes en plus de notre adversaire.

Lucas fit de même avec trois chaînes, et s'éloigna lentement de sa sœur. Je me disais qu'Alicène aurait certainement plus de mal à se défendre si nos attaques provenaient de cotés différents. L’aînée se tourna alors vers nous et nous ordonna de rester en arrière. Elle avait probablement raison : s'approcher d'un humain qui avait assez de force pour assommer un braségali était probablement une mauvaise idée d'autant plus qu'il ne restait que plus que Lambel et Kerne qui pouvaient se battre. Le spectre et moi aurions éventuellement pu l'attaquer à distance, mais nous risquerions de la blesser, alors que les chaînes pourront l'entraver et la neutraliser. Nous restâmes donc là à les regarder faire, non sans éprouver de la frustration de ne pas pouvoir aider davantage.

Notre adversaire esquiva sans problème la première chaîne que Lucas lui envoya, puis une autre, et anticipa même son retour vers son propriétaire. Elle était vraiment très vive et rapide, mais heureusement pour nous, la pression constante qu'ils lui faisaient subir était telle qu'elle ne pouvait même pas espérer s'enfuir ou s'approcher au corps-à-corps, ce qui lui aurait permis de contre-attaquer. J'avais cependant un doute quant au fait que Julie puisse se battre de manière prolongée, l'usage de psychokinésie l'ayant toujours épuisée assez rapidement.

Au bout d'une dizaine de minutes, tout ce qu'ils avaient réussi à faire avait été d'enrouler une de leurs chaînes autour de son bras droit : Cette entrave n'était pas des plus efficaces, mais j'avais l'impression qu'Alicène commençait à s'épuiser. L'avantage de ce combat était que, depuis tout ce temps, ils avaient la totalité de l'attention de leur adversaire portée sur eux. Et notre amie sportive l'avait bien compris. Couverte d'égratignures et semblant boiter, elle venait de remonter toute la pente et la saisit brutalement par derrière avant de l'entraîner par terre. Elle bloquait ses bras avec les siens et avait bloqué ses jambes en fermant les siennes autour d'elle.

-J'te tiens !



Elle se mit à se débattre en hurlant et il sembla qu'il était difficile pour Déborah de maintenir son étreinte autour d'elle, malgré la différence flagrante de carrure entre les deux filles. Au bout d'un moment, elle se cambra et hurla avec une intensité jamais vue, une grimace de haine déformant son visage. Elle commença... à léviter, et Déborah la lâcha de surprise, avant de reculer de quelques mètres, anticipant une quelconque attaque. Le corps qui flottait en l'air tremblait, et ses membres et sa tête pendaient tristement, sous nos yeux ébahis. La lumière environnante perdit en intensité, et une forme noire s'éleva de la bouche d'Alicène, qui retomba à terre avec un bruit sourd, avant d'être prise de convulsions, de vomir et de finalement perdre conscience.

Cette chose… Je savais ce que c'était. Et mes compagnons aussi : je sentais leur peur et leur panique. J'entendais encore les hurlement de Lucas et Julie, d'il y a huit ans... Il s'agissait de la créature qui avait ôté la vie de leur mère.

La forme sombre partit en direction de la caverne, ce qui atténua l'assombrissement de la luminosité ambiante. Julie, qui avait laissé tomber ses chaînes, interpella son frère d'une voix légèrement tremblante :

-Lucas… cette chose, c'est…

-Oui. Nous devons la suivre, ou elle va détruire la machine !


Je jetai un coup d'oeil à Déborah qui s'était approchée du corps d'Alicène qui gisait au sol. Elle croisa le regard de son ami et agita le bras vers la caverne tout en rappelant ses pokémons tombés au combat dans ses pokéballs.

-Je suis blessée à la jambe, m'attendez pas ! Je vais m'occuper d'elle, allez arrêter cette merde !

Les deux kinésistes ne se firent pas prier et ramassèrent leurs chaînes, avant de courir vers l'entrée de de la grotte, suivis par Kerne, Lambel et moi. Avec cette chose qui nous y attendait, jamais aucune caverne ne m'aura parue aussi sombre.

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Dernière édition par Ranyel le Jeu 24 Mar - 19:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Fiction] Équilibre - Jeu 24 Mar - 19:24

Salut !
Bon ce chapitre a mis vraiment trop de temps à sortir, car je gère très mal mon temps entre les études et mes différents loisirs, et aussi parce qu'il était dur à écrire. Mais bon, c'est sans doute le plus long que j'ai jamais écrit. Je tenais à m'excuser de vous avoir laissé sur un si gros cliffhanger pour ensuite mettre un mois à sortir la suite. Promis, pour le prochain chapitre, je serais bien plus rapide ><'

Bonne lecture, et merci à Walksacred pour ses corrections orthographiques !



Chapitre 27


Julie



Cela faisait déjà quelques minutes que nous courrions dans cette caverne, le chemin faiblement éclairé par ma lampe torche, à défaut d'avoir Néval pour nous aider à voir dans le noir. Mais je l'avais enfermé… car il m'avait agressée durant le combat. Incrédule, j'avais failli le laisser m'attaquer, pensant qu'il s'agissait d'une de ses âneries. Mais j'avais réalisé que même si c'était un crétin, il n'aurait pas fait ça à un moment pareil, et je l'avais enfermé dans sa pokéball de justesse. Après avoir brièvement résumé cet incident à mes amis, ils semblaient pensifs. Le magirêve prit alors la parole :

-J'avoue ne pas comprendre ce qui lui est passé par la tête. Non pas que je sois qualifié pour le faire, mais… Je ne sais pas. Il s'est produit quelque chose de vraiment étrange. Moi-même, je ne me sentais pas normal… j'avais l'impression de faire quelque chose de mal en affrontant ces spectres…

C'était curieux. Il aurait ressenti de l'empathie à ce point ? Nous verrons cela en temps voulu. S'il s'était encore agi d'une lubie loufoque du mélancolux… Je me promis de lui faire passer un sale quart d'heure si c'était le cas.

-Je ne vais pas prendre le risque de le ressortir maintenant. Il restera enfermé jusqu'à ce qu'on en aie fini avec ça.

Cette chose… un spectre, peut-être ? Elle avait vraisemblablement possédée Alicène, mais depuis quand ? Pourquoi je ne m'en étais pas rendue compte plus tôt ? Je me haïssais d'avoir laissé ça se produire, et de la laisser derrière dans cet état. J'espérais qu'elle n'allait pas souffrir d'une éventuelle séquelle, autant au niveau physique que mental. Néanmoins, je savais déjà, grâce à un sms de Déborah, qu'elle respirait toujours. Peut-être aurions-nous du rester à ses cotés pour emmener Alicène dans un endroit pour la soigner, plutôt que de poursuivre cette chose ? Après tout, Déborah semblant d'être fait mal à la jambe en tombant. Je ne doutais pas de ses capacités physiques, mais descendre quelqu'un de la montagne dans ces conditions…



Non. Je me souvins des premières fois où mon amie m'avait parlé : "Je veux vous aider dans vos recherches." Elle n'aurait pas voulu qu'on laisse cette machine, capitale pour la suite de nos recherches, se faire démolir alors qu'on voulait l'aider… Était-elle déjà possédée à cette époque ? Non… Une possession sur une période aussi prolongée, ça serait… catastrophique. Mais si c'était le cas, était-elle vraiment mon amie ? Avait-elle tissé ce lien d'amitié par pur intérêt de son hôte? Étais-je devenue "l'amie" de cette fille, ou de cette créature qui habitait en elle ?

Je sentis alors quelque chose toucher mon épaule gauche. En me retournant, je vis Sophiane qui me sourit d'une manière un peu triste, mais qui se voulait réconfortante.

-Il y a un temps pour tout, Julie. Calme-toi, et laisse ces questions de coté. Pour le moment, nous avons quelque chose qui va demander toute notre attention.

Évidemment, elle avait lu que je me prenais la tête avec ça. Elle avait raison… Je me contentai de hocher la tête de haut en bas pour répondre au gardevoir, sous le regard perplexe de Lambel. Je remarquai alors que Lucas et Kerne avait pris beaucoup d'avance, éloignant de nous la seule source de lumière disponible. Je l'appelai, et mon frère nous attendit quelques instants, tandis que l'absol s'agitait d'impatience dans la lumière de sa lampe.

-Grouillez-vous !

Quelques minutes plus tard, nous étions enfin arrivés dans la salle de la machine. Rien ne semblait anormal, si ce n'est qu'il faisait très sombre, malgré le fait que nous avions allumé l'éclairage de la salle. Il n'y avait nul autre bruit que ceux de nos pas sur le sol de roche, et le grognement de Kerne qui restait sur ses gardes.

-Il doit être dans la pièce...

Lambel avait sans doute raison. Où d'autre serait-il allé, de toute manière ? Mon frère alluma alors la machine, qui afficha en peu de temps la liste des espèces de spectre répertoriées.

-Ah, il me semblait bien que j'avais vu cette colonne…

Lucas pointa une colonne du tableau, qui affichait une distance en mètres correspondant à chaque type d'onde. Cela devait sûrement indiquer la distance à laquelle l'entité la plus proche de cette onde se trouvait. Quand il tria les ondes en fonction de ce critère, nous vîmes affichés sur l'écran : humain, mentali, magirêve, absol, mélancolux, momartik…. Et une espèce non identifiée, qui ne comportait qu'un seul membre, et se situait à environ 3 mètres. Cette chose était juste là. Elle nous observait. Je me mis alors à crier :

-Montre-toi, on sait que tu es là ! Et qu'as tu fait à notre amie ?

Mon frère cliqua sur la ligne correspondait à la chose, et ses détails s’affichèrent en plus de montrer sa distance en direct. Dans un silence qui aurait été total sans les grognements de l'absol, nous vîmes la distance à laquelle cette créature se trouvait diminuer lentement… Nous continuâmes à regarder partout autour de nous, guettant une éventuelle attaque, jusqu'à ce qu'une masse informe et sombre surgisse de derrière la console, et lévite jusqu'à l'autre bout de la pièce avant de s'arrêter. Nous fîmes tous un pas en arrière, prêts à l'attaquer. Mais rien ne se passa pendant un moment, avant que Lambel ne brise ce silence :

-Qu'es-tu ?



Une voix rocailleuse et résonante lui répondit :

-Je suis Obsidienne, la création du docteur Guéranel. Je regrette sincèrement d'avoir à vous tuer, mais vous ne me laissez pas le choix. Je ne peux pas prendre ce risque… Une fois que j'en aurais fini avec vous, je détruirais cette machine, maintenant qu vous m'avez aidé à la trouver.

Nous avions enfin affaire au "serviteur" évoqué dans le journal de cet homme.. Je sentais depuis un moment que Lucas était très tendu, mais il finit par se lâcher :

-Tu regrettes d'avoir à tuer ? Et notre mère alors ? Pourquoi tu as pris sa vie ? J'exige une réponse. On sait que c'est toi.

-… En effet. Vous avez le droit de savoir. J'étais autrefois le serviteur de David Guéranel, et je l'assistais dans ses travaux. J'ai été créé alors qu'il essayait de… synthétiser le corps d'un spectre. Cela ne s'est pas vraiment passé comme prévu, et mon âme, qui résidait auparavant dans un être dont je n'ai jamais su la nature, a été arrachée à celui-ci et incarnée dans le corps, si on peut l'appeler ainsi, que vous avez sous vos yeux. Mais j'ai toujours sympathisé avec les spectres. À vrai dire… j'ai toujours eu une sorte d'attirance pour eux, et c'était réciproque. J'ai rapidement découvert que je pouvais manipuler les spectres les plus jeunes, ou les plus faibles, à ma guise.

Je comprenais maintenant ce qui était arrivé à Néval. Peut-être que tous ces petits spectres ont aussi été forcés de se battre…

-Mais je n'ai jamais voulu leur faire de mal. J'ai toujours voulu les protéger. Mais la théorie de l'équilibre… J'en avait appris l'existence à force d'écouter les conversations de mon maître à son insu, lui qui me croyait trop stupide ou servile pour avoir une objection à formuler, ou une envie d'agir contre son gré. Durant une période, il enrageait même de la progression d'une autre scientifique du milieu… Marie Denamien.

Notre mère avait donc mené des recherches là-dessus ? Mais parmi tous ses documents, nous n'avions jamais rien trouvé de tel…

-Très vite, je me suis mis à imaginer ce que la publication d'une telle théorie allait engendrer. Les vivants ont besoin de corps spectraux pour se réincarner… Et on pouvait, avec un raisonnement plus que grotesque, très rapidement arriver à la conclusion qu'il suffisait d'éliminer tous les spectres sur Terre pour vaincre la mort.

C'était une conclusion plus qu'hâtive mais il était indéniable que des gens se poseraient la question, même si je n'y avais personnellement jamais pensé. Mais cela paraissait absurde… Comment pouvait-on espérer vivre pour toujours d'une telle manière ?

-C'est ce que les gens pourraient se dire en apprenant la nouvelle. On ne peut pas savoir si c'est vrai pour le moment, mais quand on voit ce que les gens les plus puissants sont prêts à faire pour vivre longtemps… Et Guéranel était parmi eux. Je pris donc une décision : j'allais entraver les recherches de votre mère et tenter de raisonner mon maître. Mais rien ne s'est passé comme prévu… En allant chez vous, je me suis mis à fouiller ses documents, espérant trouver ses travaux afin de les détruire. Mais je la croisai… et nous prîmes peur tous les deux, et un combat débuta…

Mentait-il ? J'espérais que non. J'entendais déjà la respiration de mon frère s’alourdir depuis qu'il parlait de notre mère : s'il avait avoué l'avoir tué de sang froid, il lui aurait certainement déjà sauté dessus.

-Mais mon maître était paranoïaque. Il s'est avéré que madame Dénamien n'avait jamais effectué de quelconques travaux concernant cette théorie...

-Elle… Elle est donc morte pour… rien...


Cela aurait pu être mon frère qui avait dit ça. Ou Sophiane. Mais à mon grand étonnement, cette voix brisée et émue était celle du magirêve, brièvement réconforté par le gardevoir.

-Marie…

Mon frère, dont les poings tremblait actuellement, me regarda dans les yeux, qui semblaient être au bord des larmes. Je pouvais y lire un mélange de tristesse et de colère… Je n'étais pas vraiment différente de lui à ce moment-là. Je me rappelais encore de ce jour : les cris, le visage de ma mère déformé par la douleur, et la terreur que cette créature m'avait inspirée. Et pourtant sa mort semblait si lointaine, cette chose si irréelle… et étrange, dans ses motivations tout comme dans ses actes. Mais je ne devais pas me laisser attendrir, ou au contraire laisser la colère me dominer, au risque de baisser ma garde. Pourtant… quand je pensais à ma mère, ou à Alicène… Pourquoi avait-il pris possession d'elle ? Pour nous approcher ? J'avais beau réfléchir, je ne voyais pas ce qu'elle avait à faire là-dedans.

-Pourquoi Alicène ?

Il ne dit rien pendant un moment avant de continuer son histoire. J'allais objecter quand je me dis qu'il allait peut-être aborder ce point.

-Guéranel persistait dans ses travaux. Ils étaient bientôt prêts à être publiés… Après une ultime dispute, il me menaça, et je finis par le tuer. Sa femme était également au courant et avait essayé de le défendre : elle en est également morte. Mais je n'avais pas prévu une chose… Leur fille, Alice Guéranel, m'avait vu. Je ne pouvais pas la laisser avec cette vision d'horreur... Je ne pouvais pas la laisser traumatisée, sans parents et témoin des meurtres que j'avais commis. Mais je ne pouvais pas la tuer de sang-froid : elle n'avait rien à voir avec ça. Je l'aimais comme une petite sœur et elle était la seule humaine qui se préoccupait de moi. Alors, j'ai… j'ai pris possession d'elle, depuis bientôt sept ans.

Non… c'était impossible… Pendant tout ce temps… Je n'en revenais pas. C'était pour cette raison qu'elle paraissait en si mauvaise santé, et avait ces pouvoirs… Et ce comportement si étrange, hésitant et maladroit. Je n'osai imaginer la souffrance que cette chose lui avait infligée. Je me mis alors à lui crier dessus :

-Comment est-ce possible ? Tu aurais pu la tuer ! C'est peut-être déjà trop tard, d'ailleurs ! Elle était en train de convulser il y a quelques minutes ! À quoi bon l'épargner si c'est pour la faire souffr-

-Non, ce n'est…

-...lui voler son enfance, et mettre son corps dans un état pitoyable ?

-TAIS-TOI !


Ce cri monstrueux me surprit et je fis un pas en arrière.

-Elle vivra. Parce qu'une fois que j'en aurais fini avec vous et détruit cette machine… Je retournerais en elle.

Mon frère s'avança et éleva ses chaînes autour de lui et tint ces mots :

-J'ai bien peur de ne pas pouvoir vous laisser faire aucune de ces trois actions.

Son visage affichait un air sérieux et déterminé. Il ne tremblait plus et fixait la masse d'ombre informe de son regard. Il avait raison : il ne fallait pas avoir peur. Nous avions combattu des spectres depuis des années, et il fallait arrêter cette chose à tout prix. Il était temps que je fasse preuve d'un peu d'assurance, moi aussi. Pour ma mère, mon frère, et Alicène :

-Tu ne feras plus de mal à qui que ce soit, meurtrier.

Mes chaînes s'élevèrent également, non sans mal : j'étais encore un peu épuisée de l'affrontement précédent. Lambel et Sophiane s'avancèrent aussi et déclarèrent, s'adressant autant à eux-même qu'à notre interlocuteur :

-J'ai échoué à protéger Marie… Mais aujourd'hui sera différent.

-Nous n'échouerons pas.


La chose répondit après un court instant, sans avoir esquissé le moindre mouvement.

-Ces chaînes ne vous serviront à rien. Avez-vous vraiment cru que j'allais vous combattre dans un plan à votre avantage ?

Un cri strident se fit soudainement entendre tandis que ma vision devint de plus en plus floue. Je sentis mes jambes lâcher, et je me retrouvai à terre sans même avoir eu le temps de faire quoi que ce soit. Autour de moi, je voyais les lumières de la salle disparaître lentement...



Il faisait si noir à présent.
J'étais seule. Je ne voyais pas le sol sur lequel je marchais. J'appelai mes amis : mais personne ne répondit. Je me mis à courir, en essayant de garder mon calme. Je sentais une grande pression autour de moi, similaire à celle de l'atmosphère qui laisse présager la venue d'un orage violent. Cette chose nous avait isolés dans une illusion, d'une manière ou d'une autre : je voyais mes mains se déformer lentement de temps à autre... Peut-être nous avait-elle endormis ? Dans tous les cas, il ne fallait surtout pas succomber à la panique.

...Peut-être que j'étais déjà morte ?

Non... c'était stupide. Il attendait juste que nous paniquions. Je me demandais si ma mère avait subie cette isolation avant de mourir. L'une des seules fois où Lambel m'avait parlé de sa mort, il m'avait pourtant dit que cela s'était déroulé très rapidement. Un cri attira alors mon attention. Non, c'était une transmission télépathique du gardevoir, qui me surprit :

-ATTENTION !

Je me retournai vivement et vit deux immenses et difformes mâchoires d'ébène, s'ouvrir devant moi. Sous le choc, je ne dis ni ne fis rien. Comme tout ce que je voyais jusqu'ici, elles se déformaient lentement. La gueule fonça sur moi, prête à se refermer. Mais seul un flash se produisit. Quelque chose d'un blanc pur venait de passer devant, ou plutôt à travers mes yeux, avant de frapper la chose de plein fouet. L'objet blanc se posa devant moi : Il s'agissait de Kerne. Je compris enfin ce qu'il se passait : cette chose nous avait endormis en nous hypnotisant. Mais l'absol, insensible aux pouvoirs psychiques, n'avait pas été affecté du tout Il se battait contre elle dans le monde physique, alors que nous étions bloqués dans ce cauchemar… Tout autour de moi, j'eus comme l'impression que des rideaux venaient de tomber. Je vis alors mon frère ainsi que Sophiane et Lambel qui m'interpella :

-Julie ! Tu n'as rien ?

-Non !


Lucas me fit un signe de tête pour me signifier qu'il allait bien lui aussi. Au moment où j'allais m'enquérir ce qu'il en était pour le gardevoir... Elle esquiva un grand coup  de qui semblait être un tentacule. Un enchevêtrement immonde de tentacules immergea de l'ombre, tous dotés de mâchoires semblables à celles qui avaient failli m'attraper, mais beaucoup plus petites. Au milieu de cette créature se trouvait ce qu'on pouvait appeler sa tête, qui n'était en fait que l'énorme gueule qui m'avait attaquée. Nous n'eûmes pas beaucoup de temps de répit avant que ses membres ne s'agitent dans tous les sens, afin de nous broyer.



J'en esquivai un de justesse : ils n'étaient pas si rapides, mais se distinguaient à peine des ténèbres ambiantes. Fuyant ses attaques sans m'arrêter un seul instant, je ne voyais pas comment nous pouvions contre-attaquer. Il était évident que nous ne pouvions rien lui faire, et le magirêve constata ce fait après quelques vaines attaques. Heureusement, je ne ressentais pas de fatigue malgré mes efforts, sans doute parce que nous étions dans une sorte de rêve. Cette chose pouvait-elle ressentir la fatigue ici ? Si non, ça n'était plus qu'une question de volonté...Bien qu'esquiver ces attaques était devenu un réflexe, les sortes d'hallucinations visuelles que nous subissions régulièrement ne nous aidaient pas.  Aucun de nous n'avait encore été blessé... comment cette chose avait pu venir à bout de notre mère ? Elle était certainement plus agile que je ne le serais jamais...

Les hallucinations s'intensifiaient de plus en plus. J'étais en proie au vertige, et j'avais même parfois l'impression que des creux ou des murs de formaient devant moi. Par moment, je n'entendais ni ne voyais plus les autres, et je fus surprise à maintes reprises par des cris qui m'étaient complètement étrangers. Ce cauchemar ne faisait qu'empirer, et rendait l'esquive des attaques de plus en plus difficile, jusqu'au moment où cela relèvera de l'impossible.

Je me rendis alors compte que Kerne continuait d'apparaître de temps à autre, de manière aussi soudaine que brève. Il n'était sans doute pas dans le rêve avec nous, alors ça devait être des projections de ce qu'il se passait dans la réalité, comme lorsque que nos rêves comporte les bruits que l'on entend en réalité. Sans doute que notre opposant n'arrivait pas à nous tuer car il devait aussi s'occuper de l'absol... Hélas, je finis par être punie pour avoir laisser mes pensées vagabonder : un des tentacules me frappa à l'épaule et m'envoya rouler sur le sol. J'entendis le magirêve crier mon nom, et vis Lucas courir vers moi. Alors que je me relevais, j'aperçus un membre du monstre me foncer dessus. Avant même que je n'eus le temps de réagir, mon frère me poussa en dehors de sa trajectoire.

-LUCAS !

Un éclair blanc. Et le tentacule se brisa. L'absol bondit plusieurs fois, et trancha les membres du monstre avec ses griffes et sa corne, un à un. Nous n'avions même plus à esquiver quoi que ce soit : le monstre ne faisait plus que se défendre contre son agresseur, qui avait profité de ce moment d'imprudence. Lorsque la plupart des membres de la chose furent abattus, Kerne fit un bond incroyable en l'air... et essaya de s'attaquer à ce que l'on pouvait appeler la tête. Mais il se fit surprendre d'un violent coup de tentacule au ventre, et retomba droit dans la gueule de la créature.

Horrifiés, nous criâmes. Mais que pouvions-nous faire d'autre ? Cette chose allait...



Elle se scinda très rapidement en plusieurs morceaux et explosa en milliers d'éclats noirs et brillants en hurlant, laissant apparaître l'absol qui venait probablement de la trancher depuis l'intérieur. La voix de la chose, très distante, se fit alors entendre :

-Quelle erreur… J'ai été… stupide. J'aurais du… me débarrasser de… lui...  avant… J'ai tenté…
Ali...cène…
….
Par…..
donne……
moi.


Nous entendîmes finalement un horrible râle, et nous précipitâmes vers l'absol qui venait de se coucher à terre.

-Kerne ! Tu n'as ri...

L'absol poussa un faible cri en agitant faiblement sa patte dans le vide. Son ventre était couvert d'une grande marque noire, qui suintait un liquide de même couleur, semblable à du sang.Lucas se mit à genoux et le prit dans ses bras. Je m’agenouillai à ses côtés et les deux autres pokémons s'approchèrent également. Kerne respirait de plus en plus difficilement. Cette chose l'avait... Allait-il vraiment mourir ?

-Tu le savais depuis un moment, hein ? C'est pour ça que tu étais si nerveux...

L'absol acquiesça. Il semblait vraiment mal en point. Me doutant de ce qu'il allait advenir de lui, je ne pus retenir quelques sanglots. Mon frère aussi avait commencé à pleurer. Malgré sa faiblesse, Kerne fit l'effort de bouger pour pour donner un coup de tête en prenant garde de ne pas nous blesser avec sa corne, comme pour nous rassurer.

-Maman serait fière de toi...

Lucas lui tint ce propos, avant de pleurer, silencieusement. De nous deux, c'était certainement lui qui avait le plus d'attachement pour lui. Kerne s'était toujours fait discret, et ne disait jamais rien aux autres pokémons. Cependant, il avait toujours été là pour nous protéger. Peut-être qu'il s'en était voulu de ne pas avoir pu sauver notre mère ? Je me sentais maintenant de plus en plus fatiguée. Le temps avait l'air de passer si lentement... J'avais l'impression que plus personne ne bougeait. Ma vue s'assombrit de nouveau...




Lucas

Des bruits de pas au loin. Et on m'appelait. J'entendis une femme pousser un cri de stupeur, puis quelqu'un trotter vers moi de manière irrégulière, comme si cette personne boitait.

-Non, non, non !

-Ils sont en vie. Enfin, je crois que...

Je sentis des doigts chauds sur mon cou, sans doute pour vérifier que j'avais encore du pouls. J'ouvris les yeux, et je vis le visage de mon amie aux cheveux rouges, assez près pour que je discerne clairement une expression d'inquiétude.

-Debout, Lucas... Comment te sens-tu ?

Je dormais ? Mais, pourquoi étais-je ici ?
Je me souvins alors. La chose, le combat...
Kerne.

Je pris mon amie par l'épaule et la poussa hors de mon champ de vision. Se tenant sur un genou, mon action la surprit et la fit tomber sur les fesses.

-Hé !

-Kerne ! Est-ce qu'il...


Le père de Déborah, à genoux sur le sol, se retourna vers moi et me regarda avec un air peiné tout en hochant la tête de gauche à droite. Derrière lui, je pouvais voir le corps inanimé de l'absol.

-Tous les autres dorment encore. Mais lui… ne se réveillera pas. Je suis navré.

C'était donc vraiment arrivé.J'entendis une exclamation réprimée derrière moi, puis des bras m'enlacèrent par derrière. Malgré la chaleur que m'apportait l'étreinte de Déborah, j'avais si froid dans cette caverne…

Pendant que les autres se réveillaient aussi, nous ne disions plus rien. Il n'y avait rien à dire, de toute manière. Je jetai un œil vers l'écran de la machine.La page correspondante aux données de cette chose affichait maintenant une population nulle. Au moins, elle ne fera plus jamais de mal à personne, et ce grâce à la bravoure de Kerne.

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MessageSujet: Re: [Fiction] Équilibre - Jeu 24 Mar - 21:26

Excellent chapitre (avec tellement de révélations =o=), j'ai a-do-ré !

Je ne comprends pas pourquoi cette fanfiction n'a pas plus de commentaires, tu sors tes chapitres lentement mais quand il y en a tu les fais dans la qualité !

Posipi !

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MessageSujet: Re: [Fiction] Équilibre - Jeu 24 Mar - 23:24

Marianna a écrit:
Je ne comprends pas pourquoi cette fanfiction n'a pas plus de commentaires

Tout simplement parce qu'il n'y a rien à dire dessus ! Ce chapitre... wow... magnifique ! Bon, j'ai remarqué quelques erreurs ponctuels, mais j'ai pas envie de t'emmerder avec ça sur un tel chapitre.

Mettant ma main à couper que l'acte se terminera dans tout au plus deux chapitres de conclusion, j'ai hâte de voir l'acte 3, surtout avec l'aperçu qu'on a eu dans les chapitres de Landry. Même si l'absence de Kerne risque de se faire pesante durant les plus proches chapitres...

...

Repose en paix, Kerne.

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MessageSujet: Re: [Fiction] Équilibre - Dim 27 Mar - 13:58

Bon, j'avais ma matiné de libre, et j'ai dévoré ta fanfiction !
J'ai adoré la personnalité des personnages et des pokémon, les émotions passent très bien et l'histoire est cohérente surtout dans le dernier chapitre où on se renconte que tout est lié !

En lisant j'ai mis un négapi sans le faire exprès, je vais donc m'empresser de mettre deux posipis.

Bon courage pour la suite !

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MessageSujet: Re: [Fiction] Équilibre - Sam 9 Avr - 12:29

LucAaron a écrit:

Mettant ma main à couper que l'acte se terminera dans tout au plus deux chapitres de conclusion, j'ai hâte de voir l'acte 3.

Haha xD
Tu avais raison, à la base j'avais prévu de finir l'acte 2 avec deux autres chapitres. Mais j'ai eu des difficultés à les délimiter, si bien qu'ils ont fusionné en un seul (long) chapitre, que voici !

Merci pour vos commentaires (et t'inquiètes donc pas pour le négapi Pluame)
Bonne lecture !



Chapitre 28


Lambel

Nous étions revenus à Doublonville depuis environ vingt heures, en ayant pris le premier avion disponible. Cependant, certains d'entre nous étaient revenus depuis bien plus longtemps : dès que cela fut possible, Sophiane s'était téléportée avec le père de Déborah, Alicène et le corps de Kerne ici. Nous avions jugé qu'il n'était pas judicieux d'emmener cette fille dans un hôpital étant donné qu'elle était censée avoir disparu depuis un certain nombre d'années, et que cela soulèverait forcément des questions. Quant à Kerne, Lucas avait insisté pour qu'il soit enterré dans cette ville plutôt qu'à Hoenn.

Nous avions rarement recours à la téléportation à longue distance : bien que la gardevoir était confiante en ses pouvoirs, il y avait toujours une chance qu'elle échoue et que les téléportés en meurent, en arrivant dans le sol, ou dans un mur. La quantité de choses à déplacer et la distance était évidemment des facteurs qui la rendaient d'autant plus ardue : pour ce voyage, Sophiane avait du se concentrer pendant une demi-heure, le temps de localiser la destination, de dégager l'air qui s'y trouvait afin de ne pas être fusionnés avec, et d'y emmener tous les voyageurs sains et saufs.

Nous ne faisions plus rien depuis que nous étions arrivés, à part attendre le réveil d'Alicène. Le père de Déborah nous avait assuré que ses jours n'étaient pas en danger, et qu'elle se réveillerait bientôt. L'atmosphère qui régnait dans la demeure était… tendue. Personne ne riait ou plaisantait, et peu parlaient. Même mon fils le ressentait, je pouvais le voir dans ses grands yeux de tarsal. Nous lui avions manqué durant notre voyage, même si William s'était apparemment très bien occupé de lui, et qu'il s'était fait des amis là-bas. Depuis notre retour, Liam s'était donc mis à jouer avec tout le monde, notamment Sophiane et moi. Il avait d'ailleurs appris un nouveau mot, ou plutôt commencé à l'exprimer par télépathie : "absol". Ce qui faisait que les quelques sourires qu'il avait réussi à susciter chez Lucas et Julie s'étaient évanouis dès lors que le tarsal leur demandait où était passé Kerne, qui jouait parfois avec lui auparavant.

En ce qui concernait le mélancolux, il n'avait pas non plus le moral. Il semblait s'en vouloir, pour avoir agi ainsi… et semblait surtout ne pas pouvoir expliquer quoi que ce soit. Il ne se souvenait de rien, et en souffrait probablement. Quelques fois, Déborah avait tenté de détendre l'atmosphère, mais cela n'avait pas fonctionné. Elle n'était pas vraiment d'humeur joyeuse non plus : elle s'était foulée la cheville et ne pouvait même pas faire un peu d'exercice, chose qu'elle avait l'habitude de faire lorsqu'elle voulait se changer les idées.

Cependant, notre attente prit fin : le père de Déborah nous fit part du réveil de la jeune fille, et nous invita à aller la voir dans sa chambre. Un peu à l'étroit dans cette petite pièce, nous vîmes Alicène émerger :en chemise de nuit, ses cheveux était propres et démêlés grâce à Julie qui s'était occupée de son hygiène. Hormis cela, elle semblait toujours en mauvaise santé. Maigre et pâle, elle se redressa, toujours sous les draps, nous scruta d'un regard confus avant d'enfin prendre la parole :

-Qu'est-ce… que… On est à Doublonville ? Pourquoi vous me…



Personne ne répondit quoi que ce soit pendant un moment, avant que le père de Déborah ne se décide à le faire.

-Oui. Tu as dormi pendant environ deux jours. Tu dois avoir faim, je me trompe ?

-Oui, m-mais… Que s'est-il passé ? Pourquoi vous me fixez, que…


Elle commençait à paniquer : elle avait bien évidemment senti que quelque chose ne tournait pas rond. Julie s'avança et lui parla :

-Nous nous sommes inquiétés pour toi. Tu… ne te souviens de rien ? Au mont Chimnée… Tu as eu… un problème.

-Hein ? Que…


Elle se figea et ses yeux s'écarquillèrent. Elle était tétanisée, comme si elle venait de réaliser quelque chose. Comme si tout lui était revenu en tête d'un seul coup.

-… Ob… obsi…

Nous nous regardâmes les uns les autres, ne sachant que dire ou faire. Lucas sembla hésiter, puis s'avança et dit d'un ton neutre, avant d'être interrompu par sa soeur :

-Il faut que tu nous raconte ce qu'il s'est passé. Obsidienne a…

-Lucas, ne la brusque pas !

-Mais elle...


Déborah lui donna une claque à l'arrière du crâne en pointant son index sur son front, voulant faire signifier qu'il était stupide.

-NOOOOON !

Alicène fondit en larmes tout se cachant la tête dans ses bras.

-Non, non, non, non… Je… Non, c'est pas possible… Je ne… Il était… Qu'ai je fait ?

Le jeune homme, parût effaré de ce qu'il venait de faire et ne sût visiblement pas comment réagir. Il finit par jurer et quitta la pièce, poursuivi par Sophiane, Nouche et Déborah. Quant à Julie, elle s'assit sur le lit et serra la jeune fille dans ses bras afin de tenter de la réconforter.

-C'est fini. Il ne te fera plus de mal…. Chhh… Tu n'as rien fait.

Elle continuait de sangloter bruyamment. Je me tournai alors vers les autres et leur dis qu'il serait préférable de les laisser seules.




Alicène

Que s'était-il passé ? Pourquoi… je me sentais différente. Il était parti ? J'avais rêvé de lui durant mon long sommeil, et il m'avait dit qu'il était désolé… avant de tout simplement disparaître. J'étais affligée de ce sentiment de perdition. Je ne me sentais plus moi-même. J'étais tétanisée par tous mes souvenirs qui revenaient d'un seul coup : les méfaits que j'avais commis, les mensonges que j'avais faits…  Mais l'étreinte de Julie finit par me calmer et mes larmes cessèrent de couler. Elle me dit que ça n'était pas de ma faute, et me tendit des biscuits à manger, que j'acceptai promptement. J'avais si faim… je ne me souvenais même plus quand est-ce que j'avais eu autant d'appétit.

-Le repas sera prêt dans pas longtemps, et je mangerais avec toi. Je vais te raconter ce qu'il s'est passé Enfin, tu es d'accord ?

J'essuyai mes dernières larmes, avant de secouer la tête de haut en bas, et de mordre une première bouchée de biscuit qui me parût délicieuse.

-Quand nous étions au mont Chimnée, tu te sentais mal après que nous ayons découvert la machine. Puis tu nous a attaqué, avec des spectres… Et Obsidienne est sorti de toi. Il a voulu détruire la machine, et a tenté de nous tuer… Il a… Hum, nous l'avons battu. Enfin, il a quitté notre monde. Il ne reviendra plus.

Elle semblait s'être retenue de dire quelque chose à un moment. Une fois ma bouchée avalée, je lui demandai :

-Vous… vous êtes sûrs ?

-Oui. La machine nous a permis de voir ça. Elle a disparu pour de bon.


Obsidienne était donc bel et bien mort. Je n'étais ni joyeuse, ni triste en apprenant cette nouvelle. Je me sentais juste vide. Il ne me parlerait plus. Il ne me forcerait plus à faire quoi que ce soit. Mais aussi étrange que cela puisse paraître, je n'étais pas capable de me réjouir de cette nouvelle. Car je me sentais seule et vide à présent. Et le dernier lien que j'avais avec ma famille disparue était parti. Peut-être qu'il me faudrait du temps pour m'y faire. Après toutes ces années, cela me paraissait naturel qu'il soit en moi. Le regard absent, je pris un autre biscuit et le croquai. Je me demandais comment Obsidienne avait pu perdre face à eux.

Après un moment de silence, je décidai de franchir le pas. Ça n'allait pas être facile, mais il fallait que je raconte ce que j'avais fait. Obsidienne m'avait manipulée, en effet, mais je restais fautive de ne pas avoir pu suffisamment lui résister. J'aurais du lutter contre lui de mon mieux… J'aurais du avoir la force d'au moins dire à Julie que j'étais possédée. Au moins ça… J'inspirai un grand coup avant de me lancer dans mon long récit.



-J'ai… Je me rappelle ce qu'il s'est passé avec mes pa… mes parents.

Une main posée sur ma tête, Julie me dit que je n'étais pas obligée d'en parler si c'était trop dur. Mais je hochai de la tête de droite à gauche avant de reprendre mon récit :

-Si. Je dois le faire. Il m'avait fait oublier.. et m'avait convaincu qu'ils étaient morts dans un crash d'avion. Je me souviens à peine de...

Je sentais que je n'allais pas tarder à pleurer de nouveau, mais j'essayai de me retenir.

-…Des premières années de possession. Mais je… je n'étais pas stable. Je souffrais… j'avais peur. Parfois, il m'arrivait de me remémorer pendant un court instant, quand Obsidienne relâchait son contrôle sur moi, ce qu'il s'était passé et de faire une crise d'angoisse à cause de ça. Mais à chaque fois, il chassait ces souvenirs de mon esprit. Assez vite, je…

Je sanglotais doucement, et sentis le goût salé des larmes se mêler aux gâteaux que je mangeais.

-...J'étais devenue une coquille vide. Je ne faisais rien de mes journées… à part faire ce qu'Obsidienne me disait de faire. Il ne savait pas comme faire : il voulait que je fasse ce que j'avais envie, que je sois libre… Mais je me remettais à paniquer dès qu'il me laissait un peu d'autonomie. Je me suis alors mis à lire tout ce que je trouvais : cela me permettait de me divertir et m'occupait suffisamment pour pas que je repense au passé. C'est sans doute la seule chose qui m'a permis de ne pas devenir complètement folle, j'imagine…

Je continuai de pleurer calmement, mais une autre étreinte de Julie atténua mes sanglots.

-J'ai… Obsidienne voulait que je vous retrouve. Il n'avait aucune idée de l'endroit où se trouvait la machine, et s'était mis en tête de suivre des spectrologues qui la trouveraient à sa place. Mais les gens que nous avions rencontrés… étaient fous, où alors menaçaient de porter plainte pour harcèlement, car j'étais trop maladroite et insistante avec eux. Je ne pouvais approcher personne… et Obsidienne ne pouvait se résoudre à me laisser tomber pour posséder un autre corps, qui aurait été plus adapté pour cette tâche… Puis, il a eu vent de jeunes adultes qui essayaient de redorer le blason de la spectrologie… Obsidienne pouvait facilement retrouver les gens qu'il avait déjà rencontrés auparavant. Cet espèce de don l'a mené à Nénucrique… Et après quelques tentatives, nous avons enfin réussi à t'approcher, grâce à Obsidienne qui a t'a sauvé de ce feunard en l'effrayant.

Je fis une pause en entamant un autre gâteau.

-En dehors de ça... j'avais toujours été seule, avec lui. C'est pour ça que je me suis rapidement attachée à vous, qui m'avez acceptée malgré mon comportement étrange, et ma gêne permanente.

-Pour ma part, je pensais juste que tu étais très timide.


C'était le cas, effectivement. Après avoir balayé les dernières larmes de mes joues, je continuai mon récit.

-Obsidienne en ensuite pris la décision de vous… donner des pistes pour accélérer les choses. Aux ruines Alpha… il t'a hypnotisée. Ce jour-là, ce ne sont pas les zarbis qui t'ont parlé de la théorie. Mais lui. Par la suite… il m'a dit de glisser l'article sur mon père dans vos affaires. Il m'a montré par vision ma maison. Puisqu'il me faisait oublier ce qu'il s'était passé quand j'étais petite, quand nous y étions allés, ça n'était qu'un endroit qui me mettait très mal à l'aise. Et là-bas, il a fait en sorte que Lucas trouve le journal, en envoyant un des petits spectres.

Je fis encore une pause, afin de consommer un autre gâteau. Il y avait tellement de choses à dire.

-Les maux de têtes de Nouche et Sophiane… c'était lui qui les provoquait, afin de s'assurer qu'elles ne remarquent rien durant ses manigances . Et pour… pour l'homme du désert…

C'était dur d'en parler. Obsidienne avait en quelque sorte réussi à me convaincre qu'il m'avait agressée. Rien que l'évoquer me faisait trembler alors qu'il ne m'avait strictement rien fait.

-Tu n'as pas à…

-Si. J'ai menti cette nuit-là. Cet homme n'avait rien fait. Mais Obsidienne m'a dit d'aller le voir… puis m'a fait raconter cette histoire.


Mon amie eut l'air surprise pendant un instant, avant de demander pourquoi il m'avait fait faire ça.

-Lorsque nous étions arrivés au bout du désert, il s'est dit que le mont Chimnée était l'endroit où nous avions le plus de chances de trouver la machine. Impatient, il a encore usé d'une vision… pour que nous ne perdions pas de temps avec d'autres cavernes. Mais il s'est rendu compte qu'il aurait sans doute des difficultés à combattre autant de monde. À plusieurs reprises, il m'a influencé afin d'éloigner l'homme du désert, Déborah et son père… D'ailleurs, le père de Déborah a du vous raconter ce qu'il s'était passé ce jour-là. Le matin, alors qu'il était revenu des courses, pendant que vous dormiez… Obsidienne l'avait hypnotisé pour l'éloigner, puis m'a fait modifier le mot qu'il avait laissé, en précisant que nous pouvions partir sans l'attendre.

Elle hocha de la tête et me sourit tristement.

-Il nous avait dit ça, effectivement. Et pour Néval ?

-C'était Obsidienne aussi. Il l'a manipulé à l'hôtel, pour l'empêcher de témoigner par rapport à ce qu'il s'était réellement passé avec l'homme du désert, et l'a forcé à t'attaquer lors du combat…


Le mélancolux surgit soudainement du mur.

-Aaaaah, c'était donc ça !

Mon amie se retourna vivement et cria sur l'intrus.

-Néval !

-Oui, oui Julie. Je vais vous laisser. Mais je voulais absolument savoir…


Je posai ma main sur son épaule.

-Il avait tout à fait le droit de savoir. C'est un pouvoir affreux que j'avais, Néval. De tous ces pokémons, aucun n'est resté avec moi depuis qu'Obsidienne m'a quitté. Mais à une époque, j'avais plein d'amis spectres. Je ne sais pas où ils sont passés. Si, si…. Si je ne vous avais pas….

Des pensées négatives m'envahirent de nouveau. Je repensais à ces années de solitude, où tous mes rapports avec les autres se résumaient à des approches maladroites et blessantes. Rejetée par les uns, moquée par les autres…

-Mais tu nous as.



Julie amena ma tête contre elle, et m'enlaça.Tandis que je pouvais entendre son cœur battre, je ne sus que faire, avant de la serrer dans mes bras également. Je vis alors Néval se dandiner devant mes yeux avant de quitter la pièce.

-Je ne peux pas comprendre ce que tu as vécu. Et personne ne le pourra. Mais je peux essayer, et je pense que, et même si c'est dur, il faut que tu tournes la page. Maintenant qu'Obsidienne a disparu, ta vie a pris un nouveau tournant. Tu n'es coupable de rien, et je sais que tu as fait ce que tu pouvais pour empêcher Obsidienne de nuire aux autres.

Elle me relâcha et j'eus tout juste le temps de la voir s'essuyer l’œil gauche, comme si une larme venait d'en couler. Pourquoi… pourquoi était-elle si émue ?  Je décidai de ne pas lui demander. Mais une autre question m'était venue en tête :

-Qu'est-ce que je dois faire à présent ? Je n'ai plus de famille, et aucune possession ou compétences à faire valoir pour travailler. J'ai loupé l'école depuis que…

-Chut. Tu vivras avec nous. Durant ces vacances, je vais faire tout mon possible pour te faire rattraper ton retard, puis tu iras au lycée à la prochaine rentrée, en Avril. Je, euh… William pourra peut-être t'arranger ça, j'imagine. Il a pas mal de connaissances dans cette ville.


Elle ferait ça pour moi ? Aller à l'école… Cela faisait 8 ans que je n'y étais plus allée, et ça me semblait difficile de rattraper mon retard. Mais ça n'était pas la question qui me préoccupait le plus.

-Mais… je ne peux pas m'imposer ici. Et puis, Lucas… Il m'en veut, non ?

Julie hocha de la tête en répondant :

-Il est encore sous le choc. Rencontrer Obsidienne, puis perdre Kerne… Il a été très affecté par la mort de notre mère, donc je comprends qu'il soit chamboulé actuellement. Mais il s'en remettra, et il t'acceptera parmi nous. Il ne t'en veut pas, mais il lui faut juste du temps.

-Kerne est… ?


Elle se couvrit la bouche de surprise, consciente de sa bourde. C'était sans doute ce qu'elle s'était retenue de dire tout à l'heure.

-...Oui. C'est uniquement grâce à lui que nous sommes encore vivants. L'hypnose n'a pas marché sur lui. Mais Obsidienne a malgré tout réussi à l'emmener au tapis avec lui.

J'acquiesçai en entamant un autre gâteau. Encore un mort. Encore un, mais le dernier. Je connaissais à peine cet absol, et pourtant, je ressentais de la peine pour lui. Nous ne dîmes plus rien pendant quelques instants, avant qu'elle ne rompe le silence en riant, me secoue légèrement et me dise d'une voix enjouée :

-Au fait. Tu ne bégaies plus.

Effectivement. J'étais bien sûr fatiguée et je parlais lentement, mais je ne bégayais plus comme avant. C'était… agréable, de pouvoir communiquer sans problème. Je réalisai que aller vers les autres sera beaucoup moins dur à présent, même si ces huit années de possession m'avait empêchée d'acquérir toute forme d'expérience relationnelle. Alors que j'allais lui répondre, quelqu'un frappa à la porte. Julie me regarda et semblait attendre que je réponde, ce que je fis :

-Euh.. entrez ?

Déborah et son père passèrent la porte et s'approchèrent du lit. Alors que la première semblait un peu gênée, mais s'efforçait de ne rien laisser paraître et me souriait, le second arborait une expression qui se voulait rassurante, tout comme la manière dont il s'adressa à moi :

-Bien, maintenant que tu as mangé un peu… Tu te sens comment ?

-Euh… J'ai faim et je suis fatiguée. Mais sinon, je n'ai pas mal… Je me sens un peu bizarre, c'est tout.

-Je vois. Bon, avec un collègue, on te fera faire quelques examens histoire de voir si tu souffres de carences. Cette cohabitation n'a pas été vraiment très bonne pour ton corps : tu es sous-alimentée, et tu seras faible pendant quelques temps, que ça soit au niveau immunitaire ou physique. Si Obsidienne te permettait jusque-là d'être forte sur ces deux plans, ce n'est plus le cas à présent. Mais en dehors de ça, tu ne souffres d'aucune séquelle grave à priori.


Un peu déprimée par son constat, je me dis ensuite que je devais m'estimer heureuse de ne pas être en plus mauvaise santé que ça : cela aurait pu être bien pire. L'homme continua :

-Du coup, je vais maintenant te prescrire certaines choses, car je suis avant tout un grand méchant docteur.

Sa fille se couvrit le visage de honte en entendant ça.

-Papa…

-Chut. Alors d'abord, tu vas bien te reposer les deux prochains jours. Ensuite, tu ne sortiras pas avant au moins deux semaines, histoire d'être sûre de rien attraper. Une fois que tu auras récupéré tes forces…


La sportive sautilla sur place.

-...Tu feras des exercices avec moi pour te remettre en état! Tu vas voir, je suis un super coach ! Tu vois Lucas ? Avant, il avait aucun muscle, un vrai insolourdo. Mais depuis, il a pris des formes. Ben c'est moi qui l'ai encadré, et ouais !

Je ris en me demandant quelle aurait été la réaction de celui-ci s'il avait entendu ça. Même si je me doutais que ça allait être dur, j'étais sûre que j'y arriverais avec son aide. Je la voyais maintenant sous un autre angle : Obsidienne m'avait toujours influencée de manière à ce que je sois antipathique avec elle car elle n'était qu'une gêne pour lui, mais elle me paraissant sympathique à présent.

-Tu verras, ça va être génial, Alice… ène ? Comment…

Elle s'interrompit durant son discours de motivation, en proie à un léger malaise. Je réalisai assez vite quel était le problème.

-Ah, pour mon prénom.. Alicène était le surnom que les spectres me donnaient à l'époque. Vous… Oui, appelez-moi comme vous voulez.

La sportive me fit un grand sourire.

-Ok, Alice !




Nouche



Cela faisait maintenant un peu plus de deux semaines que nous étions revenus à Doublonville. Nous étions presque tous dehors afin de profiter des derniers jours d'été. C'était aussi la première fois qu'Alice sortait dehors depuis qu'elle était parmi nous. Habillée d'une robe que Julie lui avait prêtée, elle marchait sur l'herbe en se tenant à elle, encore un peu fébrile. Ses jambes étaient si fines qu'on pouvait se demander comment elles pouvaient la soutenir, bien que le reste de son corps ne soit pas non plus très lourd.Malgré ses difficultés, la jeune fille souriait. Elle semblait reprendre goût aux choses normales, que les gens habitués ne prenaient plus le temps d'apprécier, comme le beau temps et le goût de la nourriture qu'elle prenait le temps de savourer. Un peu à l'écart, comme à notre habitude, j'observais nos amis s'amuser en "parlant" avec Sophiane.

-Je suis heureuse de voir qu'elle se rétablit. Et Lucas s'étant excusé il y a quelqies jours, la bonne ambiance est enfin de retour dans le groupe.

Mon amie gardevoir baissa la tête.

-Oui, mais ça ne durera pas. Enfin… il va bien falloir qu'ils abordent le sujet. La machine… que vont-ils en faire ?

C'était vrai. Légalement parlant, cette chose appartenait sans doute à Alice par héritage. C'était donc à elle de décider quoi en faire. Mais j'avais cru comprendre en discutant avec Néval que même si on pouvait dire qu'elle avait été influencée par Obsidienne, c'était aussi de sa volonté propre de vouloir préserver les spectres de ce qu'il pourrait se passer si cette théorie était révélée. Peut-être que j'étais naïve de croire ça, chose qu'on me reprochait parfois en attribuant cela à mon jeune âge, surtout comparé à Lambel et Sophiane, mais je me disais qu'ils arriveraient à s'entendre sur ce sujet.

-De toute façon, ils ne vont aborder cette question tout de suite. Surtout qu'elle a déjà assez de difficultés à surmonter… Tout le monde a bien mérité un peu de repos.

-Surtout Kerne.


Le gardevoir semblait avoir du mal aussi à se remettre de sa mort. Elle m'avait raconté, il y a quelques jours, que sa mort lui rappelait beaucoup trop celle de sa défunte maîtresse : en partie parce qu'elle était morte du même type de blessures internes à l'abdomen, qui laissaient une tache noire visible sur la peau. Au moment où je comptais lui répondre, Lambel intervint et changea de sujet, ce qui n'était pas plus mal :

-Je pense que Julie a déjà fait une croix sur cette théorie. Elle a déjà entrepris d'étudier un autre sujet que Lucas lui avait suggéré : la tangibilité des spectres, et les différents moyens que les humains ont employé pour les combattre et les emprisonner. Néanmoins, il est clair qu'ils vont devoir faire quelque chose avec cette machine, avant que qu'une autre personne ne tombe dessus par hasard.

Effectivement. Mais pour l'heure, nous avions d'autres occupations, comme celle de manger tous ensemble sur une nappe au soleil. Appelés par Lucas, nous nous joignîmes à eux sans tarder.

Fin du deuxième acte.



Et voilà o/
J'espère que ça vous a plu !
Je serais bientôt en vacances donc le rythme de sortie sera bien plus élevé qu'avant pour l'acte 3

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